Avant chaque garde, hospitalisation ou visite, ce même passage devant un automate. Une barrière fait face et le tarif de stationnement sur les parkings d’hôpitaux publics est fixé pour les hospitaliers, patients et visiteurs.
Dans des dizaines d’hôpitaux aux quatre coins de la France, cette scène se répète tous les jours. En l’espace de quelques années, les places en libre accès ont été grignotées par des opérateurs privés, dont les trois principaux Q-Park, Effia et Indigo. Cela représente pour l’hôpital une rente à hauteur de 70 % du chiffre d’affaires des parkings, estime Édouard Lecomte, directeur de la Fédération des métiers du stationnement dans les colonnes de La Provence.
Le phénomène agace tellement les usagers qu’en l’espace de trois mois, trois propositions de loi LFI, socialiste et RN ont été déposées à l’Assemblée pour remédier au problème.
Les députés ont entamé les débats, ce mercredi 22 octobre 2025 en commission des Affaires sociales par la proposition de loi RN – au bout du compte rejetée – du député du Pas-de-Calais Thierry Frappé.
Mais cette première passe d’armes sur fond cacophonique a révélé l’incapacité des élus à se mettre d’accord sur une proposition commune.
« Écrit avec les pieds »
Pourtant, quelques phrases seulement composent le texte du député RN, « simple dans sa formulation et profond dans sa portée », plaide son rapporteur. Selon lui, 90 % des 32 CHU français imposent une tarification pour se garer. Sa proposition ? La gratuité totale du stationnement dans les hôpitaux publics pour les patients, visiteurs et personnels de l’établissement. « Comment hiérarchise-t-on l’accès à ce parking commun alors ? Qui faudrait-il prioriser ? » questionne Hadrien Clouet (LFI), vice-président de la commission des Affaires sociales, qui estime que ce texte est « écrit avec les pieds, quoi qu’on pense des auteurs ».
Si les députés socialistes et les élus LFI partagent le constat de cette « injustice sociale », ils divergent avec le RN sur la méthode pour la combattre.
Dans le détail, Thierry Frappé propose également d’interdire toute nouvelle conclusion de contrats de délégation de service public et de laisser opérants ceux déjà existants, qui peuvent courir sur 15 à 30 ans. Ce à quoi répond Pierre-Yves Caladen, député LFI et corapporteur d’une autre proposition de loi sur ce même sujet : « Ce texte est d’une hypocrisie lamentable », le leur prévoyant la rupture immédiate des contrats. « Vous proposez, en fait, la gratuité dans 20 ans… », s’agace le député insoumis. Sauf que rompre les contrats coûterait 400 millions d’euros de pénalités pour les hôpitaux, rétorque Thierry Frappé.
Piqué, le député insoumis donne rendez-vous aux autres élus le 27 novembre, lors de la niche parlementaire de la France insoumise (LFI), pour débattre de leur proposition cette fois.
Opposition du camp présidentiel
Du côté des socialistes, moins prolixes dans le débat que les députés LFI, on considère que la gratuité des parkings est une nécessité au regard des enjeux de santé. « Il n'y a pas de compétition de qui propose quoi, mais l'objectif est de servir l’intérêt général », lance Stéphane Hablot, député PS et rapporteur de la proposition de loi socialiste à ce sujet. Qui attendra d’en dire plus au moment des discussions autour de sa propre partition, pas encore à l'ordre du jour.
Du côté du camp présidentiel, le scepticisme ne se cantonne pas aux moyens pour mettre en œuvre un retour à la gratuité, mais à la gratuité en tant que telle. « Si l’intention est louable, elle va créer une rupture d’égalité, car elle bénéficiera autant à ceux qui ont la capacité de payer qu’à ceux qui ne l’ont pas », affirme Nicole Dubré-Chirat, députée Renaissance.
L’élue continue en estimant qu’il n’y aura « aucun bénéfice » pour les patients et leurs proches qui utilisent les transports en commun. Et pour ceux qui utilisent les taxis et les véhicules sanitaires légers (VSL), « l’assurance-maladie propose déjà le remboursement des frais de stationnement dans les centres hospitaliers, dans certaines situations et sur justificatif ». Et tous les autres ? Et les soignants ?
Ces derniers ne sont pas plus pris en compte par Philippe Vigier, député MoDem qui s’inquiète de potentielles « nouvelles fractures » entre médecine de ville et hôpital. « Rien n’est gratuit », affirme le député, qui imagine qu’une demande de gratuité du stationnement pourrait également être réclamée pour des consultations chez un généraliste ou spécialiste.
D’un revers de main, Nicole Dubré-Chirat balaie ses considérations en reprenant à son compte les propos de François Braun, ancien ministre de la Santé : « La mission des hôpitaux est de s’occuper des soins, et pas des parkings », pourtant leur propriété. Reste qu’il faut pouvoir stationner pour se faire soigner.
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