Depuis quelques jours, les médias nous informent du déroulement du procès du Dr Bonnemaison. Au-delà du problème judiciaire, la question de l’euthanasie se pose dans ce procès.
Un certain nombre de nos confrères juge l’attitude du Dr Bonnemaison hardie et lui adressent des messages de soutien. Cependant, au-delà de tout déballage médiatique, est-il raisonnable de plaider en faveur de notre collègue ? Avant de prendre parti, il faut regarder cette histoire depuis son début. Les infirmières et autres paramédicaux du CHG de Bayonne ont été choqués par la pratique du Dr B. Ce dernier prenait la décision, seul, d’abréger la vie de certains patients qui lui étaient confiés.
Ces professionnels de santé ont décidé d’en avertir les tutelles hospitalières. C’est d’ailleurs en leur nom qu’une plainte a été déposée à l’encontre du praticien. D’autre part, notre confrère avait recours à du curare pour arriver à ses fins. En ayant ces cartes dans les mains, nous devons garder la tête froide et avoir un comportement exemplaire. à savoir que tout médecin hospitalier (cela vaut également pour celui qui travaille en libéral), s’il souhaite effectuer des soins palliatifs, doit toujours s’appuyer sur son équipe. Toute décision concernant un patient en phase terminale nécessite un accord de tous les membres de cette équipe.
En ayant l’habitude de travailler en libéral dans ce domaine, il ne viendrait jamais à l’esprit de recourir à des drogues comme le curare. Comment, lorsque nous sommes des professionnels de santé, peut-on
paralyser un patient pour abréger ses souffrances ? Nous lui interdisons de se manifester, mais il est conscient de sa situation. Cet état de fait est confortable pour le praticien, mais reste ignoble pour le patient qui se voit mourir sans pouvoir réagir !
Aussi, dans le cas de notre confrère, il est difficile de cautionner cet acte délictuel qui ne correspond à aucune pratique conventionnelle. Grâce à la loi Léonetti, nous pouvons en 2014 prodiguer des soins sans effectuer de véritable acharnement ; tout cela pour assurer dans la dignité la fin de vie de nos patients en phase terminale. C’est de cette façon que notre profession peut garder toute sa noblesse et se regarder droit dans ses bottes.
En agissant différemment, nous nous exposons à des dérives inacceptables pour l’honneur de notre profession, mais aussi pour la dignité du patient qui nous fait confiance.
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