Emmenés par le professeur René Frydman, 130 médecins et biologistes reconnaissent, dans un manifeste publié ce jeudi 17 mars, « avoir aidé, accompagné certains couples ou femmes célibataires dans leur projet d’enfant dont la réalisation n’est pas possible en France ». Et réaffirment, par la même occasion, leur « engagement à aider (leur) patientèle ». Pointant quelques-unes des « incohérences les plus criantes » du système législatif français en matière de procréation médicalement assistée (PMA), ils suggèrent la mise en œuvre d’un « véritable ‘plan contre l’infertilité’ ». Une action d’autant plus nécessaire à leurs yeux que « 15 % de la population en âge de procréer consulte ».
Quatre incohérences majeures
Un tel plan obéirait à trois axes principaux : développer une prévention de l’infertilité, informer sur l’effet de l’âge, des comportements alimentaires, des actions ou encore de l’environnement ainsi que réduire les « incohérences actuelles ». À cet égard, ils pointent « quatre situations » paradoxales. Constatant que le système en vigueur en matière de don d’ovocytes ne permet pas de répondre à la demande, ils plaident pour le développement de ces dons « dans un cadre de non-commercialisation des éléments du corps humain ». Une évolution qui devrait permettre de limiter le recours aux propositions faites à l’étranger et dont certains frais sont remboursés par la Sécurité sociale, soulignent les signataires du manifeste.
Autre incohérence mise en évidence par ces professionnels : l’interdiction de pratiquer un dépistage anténatal – et ainsi de réaliser une analyse du risque chromosomique fœtal — sur les embryons appelés à être transférés. Et ce alors même que « d’une façon générale, plus de 60 % des embryons que nous transférons ont des anomalies génétiques graves ou sont non viables sur un plan métabolique », affirment les 130 médecins.
L’interdiction faite aux femmes de conserver, pour elles-mêmes, leurs ovocytes constitue la troisième incohérence dénoncée dans le manifeste. Alors que l’autoconservation de sperme est ouverte aux hommes en France, les professionnels de santé associés au manifeste regrettent qu’une telle démarche, de nature préventive, ne soit pas possible pour les femmes dans l’hexagone. Enfin, « le don de sperme pour une femme célibataire (sans préjugé de son mode relationnel actuel ou futur, homo ou hétérosexuel) est une autre interdiction qui nous paraît devoir être levée, puisqu’une femme célibataire est reconnue dans ses droits pour élever ou adopter un enfant », concluent-ils.
Le respect de principes éthiques fondamentaux
Appelé à « réduire les incohérences actuelles », un « plan contre l’infertilité » devrait respecter de « deux principes éthiques fondamentaux, précise le manifeste : la non-commercialisation du corps humain et le risque d’utiliser ou d’aliéner une autre personne (adulte ou enfant) à son profit, quelle que soit sa situation ».
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