Arrive-t-on au bout de la crise sanitaire ? Tandis qu’en ce début d’année 2022, le raz de marée Omicron déferle sur la France, certains s’autorisent à un certain optimisme, à l’instar d’Olivier Véran. « Peut-être est-ce la dernière vague », espérait le ministre de la Santé lundi devant les députés.
L’hypothèse est qu’Omicron pourrait contribuer à accroître l’immunité dans le monde avec un impact moindre qu’attendu. Et ce, du fait de sa transmissibilité accrue et de sa pathogénicité vraisemblablement abaissée par rapport à ses prédécesseurs. Ainsi, pour le Pr Alain Fischer, qui s’exprimait lundi sur BFMTV, Omicron pourrait signer « un début d’évolution vers un virus plus banal comme on en connaît d’autres ».
Mais d’autres sons de cloche se font entendre. « Nous sommes dans une phase très dangereuse, les taux de contamination augmentent de manière très significative en Europe occidentale, et l'impact réel de [cette dynamique] n'est pas encore clair », estime ainsi Catherine Smallwood, responsable des situations d’urgence à l’OMS.
Vers l'émergence de nouveaux variants plus transmissibles ?
Au-delà d’un risque de flambée des hospitalisations dans les prochaines semaines, l’experte redoute que, dans un futur plus lointain, la vaste diffusion d’Omicron ne favorise l’émergence de nouveaux clones du SARS-CoV-2. Or, « qui peut dire ce que le prochain variant pourrait générer ? », s’inquiète-t-elle.
De fait, comme l’explique le Dr Judith Mueller, épidémiologiste à l’EHESP et à l’Institut Pasteur (Paris), l’émergence de nouveaux variants apparaît probable. « Le SARS-CoV-2 va continuer à évoluer, comme tous les virus. » Et parce que l’évolution est en général guidée par la sélection des mutants les plus performants et compétitifs, ce processus pourrait bien conduire à une augmentation de la transmissibilité du SARS-CoV-2. Si ce scénario venait à se vérifier, « arrêter la circulation de ce coronavirus devrait devenir de plus en plus difficile », prévoit le Dr Mueller.
De la pandémie à l'endémie
Cependant, l’apparition de variants plus transmissibles pourrait ne pas s’avérer si problématique. D’abord car une augmentation de la nocivité des variants semble improbable. « L’intérêt d’un virus n’est pas de tuer son hôte, mais de s’y répliquer le plus longtemps possible », rappelle le Dr Mueller.
Parallèlement, « nous sommes en train de construire une immunité, et ce, de façon accélérée grâce à la vaccination », estime l’épidémiologiste. Or cette immunité naturelle ou vaccinale, qui, certes, ne prévient pas les infections, protège contre le Covid-19. Au total, si le SARS-CoV-2 n’est sans doute pas amené à disparaître, sa circulation devrait se poursuivre en provoquant de moins en moins de formes graves, jusqu’à un stade endémique permettant d'envisager une levée des restrictions, suggère Judith Mueller.
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