Dans la polyarthrite rhumatoïde (PR) sévère à modérée en échec de traitement, la modulation du nerf vague entraîne une amélioration clinique de la maladie. C’est ce qu’a démontré l’essai pivot Reset-RA, mené par des chercheurs américains, avec un système de neuromodulation ciblant le nerf vague développé par la société SetPoint Medical Corporation (qui a financé par ailleurs l’étude). D’après leurs résultats, publiés dans Nature, l’équipe estime que « la modulation neuro-immune médiée par le nerf vague offre une option thérapeutique non pharmacologique de premier ordre pour la PR ».
Le réflexe inflammatoire, au sein duquel la production de cytokines est modulée par la signalisation du nerf vague, est dérégulé dans la PR. Et en cas de maladie non contrôlée, l’inflammation locale et systémique persistante est associée à une progression de la maladie. Or, des données antérieures ont montré que « la modulation subséquente des voies intracellulaires agissant par l'intermédiaire du NFkB, du JAK/STAT et de l'inflammasome entraîne une réduction de la production d'une série de cytokines pro-inflammatoires (par exemple, le TNF, l'IL-6, l'IL-1β) », rapportent les auteurs. « Cette immunomodulation à large spectre préserve la biodisponibilité du réseau de cytokines, permettant ainsi de réduire et de résoudre l'inflammation tout en maintenant une surveillance immunitaire efficace contre les agents pathogènes étrangers et les cellules précancéreuses », ajoutent-ils.
Des événements indésirables principalement péri-opératoires
L’essai contrôlé randomisé en double aveugle Reset-RA a inclus 242 patients atteints de PR (durée moyenne de 12,4 ans) présentant une réponse insuffisante ou une intolérance aux médicaments modifiant le cours de la maladie (Dmards), qu’ils soient conventionnels (conventional synthetic, csDmards) ou biologiques/ciblés (biological/targeted synthetic, b/tsDmards).
Les patients ont été randomisés pour recevoir pendant trois mois une stimulation, soit active (n = 122) (2,5 mA maximum 1 minute par jour), soit simulée (n = 120) (0 mA). Au bout de trois mois, tous les patients ont reçu une stimulation active en ouvert. Un sevrage des Dmards a été mis en place avant l’implantation des dispositifs (2,6 Dmards en moyenne), un générateur d'impulsions compatible avec l’IRM dans une capsule en silicone fixée directement au nerf vague cervical gauche.
À trois mois, les auteurs rapportent que les pourcentages de patients avec un score ACR20 (amélioration d’au moins 20 % du nombre d’articulations douloureuses et enflées, et d’autres paramètres cliniques) étaient plus élevés avec la stimulation active que simulée (35,2 contre 24,2 %). Le groupe actif montrait également des taux de réponse plus élevés sur les critères d’évaluation secondaires (DAS28-CRP, HAQ-DI…). À 12 mois, à l’issue de la phase en ouvert, les taux d’ACR20 ont continué à augmenter dans le groupe stimulation active et le groupe qui avait tout d’abord reçu une stimulation simulée a montré une amélioration clinique (52,8 % dans les deux groupes). De plus, si des traitements pharmacologiques adjuvants ont été autorisés durant cette phase à la discrétion du rhumatologue en consultation avec le patient, leur utilisation est restée « faible ».
Des événements indésirables sont survenus chez une proportion similaire de patients dans les deux groupes (15,6 %), principalement associés à l’implantation. « Les événements indésirables sévères associés (1,6 %), quant à eux, étaient tous péri-opératoires et ont été résolus », précisent les chercheurs. Aucun décès ni effet indésirable imprévu lié au dispositif n’a été signalé au cours de l’essai et la stimulation active a été bien tolérée (environ 4 % d’événements légers à modérés).
Les auteurs concluent que le dispositif a « démontré des bénéfices cliniques significatifs et durables, ainsi qu'un haut niveau de satisfaction des patients, avec de faibles taux d'événements indésirables, pendant les 12 mois de suivi chez une population atteinte de PR modérée à sévère », mettant en avant « une diminution significative du gonflement et de la sensibilité des articulations, ainsi qu'une réduction des érosions observées à l'IRM sans utilisation de b/ts Dmards ».
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