Trois articles publiés dans le Jama internal medecine sur les effets du tocilizumab chez des patients Covid-19 de forme sévère ne permettent pas de conclure de manière définitive sur l’efficacité de ce traitement… même si l’étude conduite par l'AP-HP et l'Inserm, se révèle plutôt positive. Le tocilizumab utilisé dans le but de contrer l'hyper-inflammation survenant chez certains patients, est un anticorps monoclonal bloquant le récepteur de l’interleukine-6, indiqué en particulier dans la polyarthrite rhumatoïde.
Un rôle potentiel
Un premier article du Jama porte sur une très large étude d’observation conduite dans 68 hôpitaux américains, ayant inclus 3 924 patients hospitalisés en soins intensifs. Si une baisse de mortalité pour les patients ayant reçu le tocilizumab a été observée par rapport à ceux n'en ayant pas eu, les groupes n'étaient pas suffisamment comparables dans la gravité de leurs symptômes, pour apporter des conclusions définitives.
Deux autres articles – italien et français, relatent quant à eux des résultats d’études effectuées chez un nombre beaucoup plus faible de patients. Dans un éditorial du Jama internal medecine, le docteur Jonathan Parr, de l'université de Caroline-du-Nord, indique que ces études « suggèrent un rôle potentiel pour le tocilizumab contre le Covid-19, mais ne fournissent pas de preuves claires d'efficacité ».
Pourtant, l’article français du Jama internal medecine conclut à un bénéfice pour les patients souffrant d’une forme modérée à sévère de Covid, et recevant le tocilizumab. Dans le cadre de la plateforme Corimuno mise en place par l'AP-HP, l'Inserm, les Universités de Paris/Paris-Saclay, 130 patients d’âge médian 64 ans ont été inclus dans un essai randomisé contrôlé ouvert, avec dans un bras 67 patients pour le traitement usuel, et dans l'autre 63 sous tocilizumab associé au traitement usuel. Ces patients étaient hospitalisés avec des besoins médians en oxygène de 5 l/mn, mais sans recours à la réanimation à leur admission. Le critère de jugement primaire était la combinaison du besoin de ventilation (mécanique ou non invasive) ou du décès à J+14.
Baisse du recours à la ventilation
Résultat : « au 14e jour, le risque de mourir ou d'avoir recours à la ventilation non invasive ou mécanique a été diminué de 33 % dans le groupe traité par le tocilizumab », indique le communiqué de l’AP-HP. Par ailleurs ce travail montre que 83 % des patients dans le bras tocilizumab ont quitté l'hôpital à J28, contre 73 % des patients dans le bras témoin. En revanche, aucune différence de mortalité n'a été constatée entre les deux bras qui était assez faible - environ 11 %. On se souvient qu’en mai dernier, la communication des résultats préliminaires de ce travail, avant leur publication, avait causé une polémique au sein du Comité de surveillance d’essais menés à l’AP-HP.
Des travaux complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats indiquent les auteurs français de cette publication. Au total, « ces résultats ne permettent pas de justifier l'utilisation de routine du tocilizumab contre le Covid-19 dans la plupart des centres », souligne la Jonathan Parr.
Avec AFP
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