L’Organisation mondiale de la santé (OMS) pourrait qualifier l’épidémie actuelle de variole du singe d’urgence de santé publique de portée internationale. C’est ce qu’a suggéré l’instance lors d’une conférence de presse organisée le 14 juin.
Un mois après la détection de premiers cas suspects au Royaume-Uni, le virus Monkeypox continue de se répandre dans le monde au-delà de sa zone de circulation habituelle (Afrique centrale et de l’Ouest), notamment sur le vieux continent. « L'Europe reste l'épicentre d’une vague en pleine expansion », affirme Hans Kluge, directeur de l'OMS Europe. De fait, 25 pays européens – dont la France, qui recense pour l’heure 125 cas – auraient signalé 85 % du total mondial de cas. D’autres zones seraient également touchées, à l’instar de l’Australie, du Moyen-Orient, de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud. Ainsi, plus de 1 600 cas auraient été confirmés dans 39 pays, dont 32 où la maladie n’est pas endémique.
Une menace réelle
Cette dynamique de propagation semble inquiéter l’OMS. En effet, son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, juge l'extension de l'épidémie « inhabituelle et préoccupante ».
Dans ce contexte, pour l'instance, la priorité est de contenir la transmission. « L'ampleur de cette épidémie présente un risque réel : plus le virus circulera longtemps, plus il étendra sa portée et plus la maladie s'implantera dans les pays non endémiques », prévoit Hans Kluge. Pour ce faire, appeler les Etats à « contrôler la flambée » comme l’OMS le faisait début juin ne semble plus suffisant. « La situation nécessite une réponse coordonnée », estime Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon qui « l'objectif de l'OMS est (alors) d'aider les pays à contenir la transmission et à stopper l'épidémie grâce à des outils de santé publique éprouvés, notamment la surveillance, la recherche des contacts et l'isolement des patients infectés ».
L’OMS vient par ailleurs de publier des directives provisoires sur la vaccination. Ces recommandations préliminaires soulignent notamment qu’une vaccination de masse n'est pas recommandée à ce stade. « Toute décision d'utiliser ou non des vaccins doit être prise (...) sur la base d'une évaluation des risques et des avantages, au cas par cas », souligne le document, qui préconise d’envisager seulement la vaccination post-exposition des contacts à risque – voire la vaccination pré-exposition de certains professionnels particulièrement exposés. L’OMS travaille à la mise au point d’un mécanisme d'accès équitable aux vaccins et aux traitements car il apparaît « essentiel que les vaccins soient disponibles équitablement là où ils sont nécessaires », insiste le Dr Tedros.
Le virus bientôt rebaptisé ?
Mais pour freiner la diffusion du pathogène, l’OMS envisage aussi de qualifier l’épidémie d’urgence de santé publique de portée internationale, au même titre que la pandémie d’H1NA en 2009, certaines épidémies d’Ebola, la diffusion de la poliomyélite depuis 2014, l’émergence du Zika en 2016 ou encore la crise sanitaire due au Covid-19. Comme le rappelle l’instance sur son site web, une urgence de santé publique de portée internationale concerne « un évènement extraordinaire (grave, soudain, inhabituel ou inattendu) jugé à risque de constituer pour la santé publique d'autres États (que le premier concerné) du fait de la propagation internationale d’une maladie et qui peut nécessiter une réponse internationale coordonnée ». Le but ultime d'une telle déclaration « est de catalyser une action opportune fondée sur des preuves, de limiter les impacts sur la santé publique et la société des risques de maladies émergentes et réémergentes tout en empêchant les restrictions de voyage et de commerce injustifiées », expliquent des épidémiologistes dans un article. Un comité devrait se réunir le 23 juin pour discuter de la nécessité de déclarer une urgence de santé publique internationale.
Comptant sur l'aide d'experts internationaux pour « mieux comprendre » la variole du singe, l'OMS réfléchit également à « changer le nom du virus », a indiqué le Dr Redresse, promettant « des annonces dès que possible » sur ce point.
(avec AFP)
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