« Il fallait une réaction forte et rapide. Il n'est plus possible de déprogrammer », a indiqué d'emblée le Premier ministre Jean Castex lors de sa conférence de presse le 15 octobre. Et d'enfoncer le clou : « La situation s'aggrave. 40 % des lits sont déjà occupés par les patients Covid. Le nombre de cas augmente aussi très vite chez les personnes âgées. » Le Premier ministre a justifié les nouvelles mesures de couvre-feux obligatoires dans plusieurs grandes métropoles par le geste de solidarité : « C'est une belle valeur de prendre soin des autres. » Le respect de ces valeurs permettra aussi d'épargner nos soignants, qu'au passage il a remerciés. Le Premier ministre a balayé d'un revers de main la question selon laquelle il serait possible d'éviter ces mesures de restriction en créant de façon massive plusieurs milliers de lits de réanimation : « Aucun système hospitalier ne pourrait faire face. Et surtout il faudrait former des médecins de réanimation dont nous ne disposons pas. » Le ministre de la Santé Olivier Véran qui a annoncé l'arrivée en renfort de 750 infirmières et aides-soignantes nouvellement formées, a rappelé des chiffres : « Pour 17 000 hospitalisations lors de la première vague, il y a eu 30 000 morts. » Pis, le cap de 5 000 lits de réanimation peut être franchi et être étendu à 5 800 lits. Seulement pour atteindre cet objectif, il faut supprimer des blocs opératoires et déprogrammer les autres opérations. Ce que le système de santé doit à tout prix éviter de faire.
Indemnité compensatrice
Sur les avancées en faveur des hospitaliers, une enveloppe de 100 millions d'euros sera octroyée aux ARS pour mieux organiser la gestion à venir des ressources humaines. L'augmentation générale des salaires pour les personnels hospitaliers (hors médecins) prévue en mars sera finalement versée « avant la fin de l'année » et les soignants renonçant à leurs congés de la Toussaint recevront une « indemnité compensatrice de 110 à 200 euros brut par jour », a annoncé le Premier ministre qui a rappelé le versement de la seconde hausse de 93 euros, prévue initialement au 1er mars 2021, « afin de reconnaître le travail fourni par les soignants ».
Attestation de déplacement
Quelles sont les modalités attenantes à ce couvre-feu. Comme pour le confinement total, une nouvelle attestation sera disponible sur le site du ministère de l'Intérieur. Un numéro vert (0 800 130 000) sera aussi à disposition des citoyens. Les mesures sanitaires déjà en place sont maintenues comme la fermeture des bars et des salles de sport ou la présence à 50 % d'étudiants sur les sites des établissements d'enseignement supérieur. Concernant le dispositif de contrôle, 12 000 policiers seront aidés par des gendarmes pour faire respecter le couvre-feu. Nouveautés, l'état d'urgence sanitaire va de nouveau être voté au parlement. Toutes les fêtes privées dans l'espace public sont désormais interdites, ainsi que les tablées de plus de 6 personnes dans les restaurants.
Un milliard d'euros supplémentaire de soutien économique
Concernant la protection des Français, les mesures économiques initiales (Fonds de solidarité, prêt garanti par l'État, prêts directs de l'État, exonération des charges), sont prolongées jusqu’à fin juin 2021, voire renforcées. Rien que pour la période annoncée de six semaines de couvre-feu, le Gouvernement remet 1 milliard d'euros au pot, sans pour autant parler « d'argent magique », a insisté Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie.
Sur les conséquences de ce couvre-feu, le ministre de la Santé Olivier Véran indique qu'il faudra plusieurs semaines pour avoir des résultats probants de recul de l'épidémie. Rien que pour le confinement total, « trois semaines ont été nécessaires pour en obtenir », a-t-il ajouté. Le lieu d'expérimentation idoine des tests antigéniques sera les aéroports, a insisté Jean Castex. À suivre.
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