Des modélisations de Pasteur l’avaient prévu, les dernières données épidémiologiques le suggèrent : le pic de la vague Omicron aurait été passé mi-janvier. C’est en tout cas ce qu’a affirmé sur France Inter ce matin l’épidémiologiste et membre du comité scientifique Arnaud Fontanet. « La décrue a commencé, le pic des infections a été passé ces jours-ci », a-t-il déclaré.
Le « scénario du pire » évité
De fait, alors que Santé publique France avait enregistré, entre le 28 décembre et le 3 janvier, un bond du taux d’incidence de 130 %, cette dynamique d’intensification de la circulation du virus commençait déjà à ralentir la première semaine de 2022 – le taux d’incidence n’augmentant plus que de 47 % entre le 3 et le 9 janvier. Ces derniers jours, le nombre de nouvelles contaminations semble même avoir commencé à baisser, moins de 300 000 contaminations quotidiennes étant désormais enregistrées – contre plus de 310 000 en moyenne la semaine dernière.
Dans ce contexte, Arnaud Fontanet estime que « le scénario du pire s’éloigne ». Car l’Institut Pasteur estimait plutôt le pic à 500 000 nouveaux cas quotidiens. De plus, la proportion d’hospitalisations reste significativement plus basse que lors des vagues précédentes, en particulier en réanimation. Une situation favorable due non seulement à la moindre sévérité du variant Omiron, mais aussi, d’après l’épidémiologiste, à « un effort collectif » des Français. « On avait sur nos projections des éléments forts pour dire qu’en diminuant de 10 à 20 % les contacts, on divisait par deux le nombre d’hospitalisations. C’est très vraisemblablement ce qui s’est passé. »
Au total, la circulation du virus devrait continuer de ralentir jusqu’à la fin de l’hiver. « Le nombre d’infections va décroître considérablement pendant le mois de février, [si bien qu’] au mois de mars, on devrait être à des niveaux très bas », prévoit le Pr Fontanet.
Le pic des hospitalisations encore à venir
Cependant, l’épidémiologiste suggère qu’il est encore trop tôt pour relâcher les efforts. D’abord parce que les statistiques nationales sur les contaminations cachent des hétérogénéités régionales. En effet, si le pic a pu être passé précocement, dès la semaine dernière, dans certaines régions telles que l’île de France, « ce sera un peu plus tard pour [d'] autres régions françaises », indique le Pr Fontanet.
De plus, le pic des hospitalisations est, lui, encore devant nous et « les admissions à l’hôpital pourraient encore continuer d’augmenter pendant quelques jours », estime Arnaud Fontanet. Et bien que ce pic des hospitalisations pourrait être atteint cette semaine, la pression hospitalière pourrait se maintenir plus longtemps. « Les patients vont rester à l’hôpital ; on peut s’attendre à ce que les hôpitaux restent encore très sollicités tout le courant du mois de février », prévoit l’épidémiologiste.
Ce passage du pic des hospitalisations pourrait en outre s’avérer particulièrement difficile dans certains territoires. Si la situation devrait rester « gérable » dans la partie nord de la France, dont le niveau d’occupation des lits ne dépasse pas 80 % de celui enregistré lors des pics précédents, le sud du pays pourrait être confronté à une pression plus importante. En Nouvelle Aquitaine, Occitanie ou Provence-Alpes-Côte d’Azur, « le niveau de remplissage des hôpitaux en hospitalisation conventionnelle et en réanimation est celui du pic des vagues précédentes », souligne en effet le Pr Fontanet.
Faut-il craindre le retour de Delta ?
Par ailleurs, une inconnue demeure : l’évolution de l'équilibre entre les variants circulants. Tandis qu'aujourd’hui, 90 % des cas recensés dans l’Hexagone apparaissent attribuables à Omicron, « il n’est pas exclu que Delta remonte dans les semaines qui viennent », prévient le Pr Fontanet. Or, une part significative des admissions en réanimation serait liée à ce variant.
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