Afin de mieux prendre charge les ruptures spléniques post-coloscopie, une complication rare et potentiellement grave, la Haute Autorité de santé (HAS) publie une fiche « Rupture de la rate après une coloscopie. Un diagnostic à ne pas rater ! » rédigée par le Collège évaluation formation accréditation en hépato-gastro-entérologie (CEFA HGE) (labellisée HAS). Ce flash sécurité patient vise à sensibiliser les professionnels de santé et les patients au risque de rupture de la rate après une coloscopie et à améliorer le diagnostic précoce.
Méconnues et sous-déclarées, les ruptures spléniques post-coloscopie surviennent dans environ 0,5 cas sur 10 000 coloscopies et mènent, dans 5 % des cas, à un décès. Elles sont provoquées par les manœuvres coloscopiques, compliquées ou non par des facteurs endogènes ou exogènes. Les symptômes sont parfois peu spécifiques (douleurs abdominales, malaise, anémie), rendant le diagnostic compliqué. Elles peuvent également survenir de manière retardée, parfois plusieurs jours après l’examen, chez un patient initialement asymptomatique. Le scanner injecté permet de confirmer le diagnostic et d’orienter la prise en charge (surveillance, embolisation ou splénectomie).
Trois vignettes cliniques pour illustrer
Dans leur flash sécurité patient, les experts présentent trois vignettes cliniques et décrivent les possibles causes ayant mené au traumatisme splénique lors des manœuvres coloscopiques (sténose partielle, diverticulose…) et les événements à l’origine du retard diagnostique (professionnels de santé non sensibilisés aux signaux d’alerte, consultation aux urgences tardive, protocole de soin non respecté…) et des conséquences associées (hospitalisation en réanimation, splénectomie…).
In fine, les experts du CEFA HGE rappellent aux professionnels de santé : de garder en tête le risque rare, mais grave, de rupture splénique après coloscopie ; de faire un contrôle par scanner en cas de douleur abdominale inhabituelle ou de signes d’alerte (instabilité hémodynamique, anémie, malaise…) ; d’informer les équipes en aval susceptibles de prendre en charge le patient, de mentionner cette complication rare avant l’examen, d’expliquer les signes à surveiller avant la sortie ; de conseiller aux patients de signaler toute coloscopie récente en cas de nouvelle consultation, de les informer de ce risque (la Société française d’endoscopie digestive a édité une fiche d’information le mentionnant) et de favoriser la déclaration de ces évènements indésirables associés aux soins (EIAS) pour améliorer leur connaissance, ainsi que leur atténuation et leur récupération.
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