Dans son avis 110 de 2010, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) s'opposait déjà à la gestation pour autrui (GPA), alors demandée par des couples hétérosexuels en raison d'une infertilité médicale, au motif qu'elle porte atteinte à l'intégrité des femmes porteuses, dans leur corps, dans leur affectivité et dans leur vie familiale.
Sept ans plus tard, à l'aune d'une nouvelle réflexion éthique, le CCNE persiste et signe dans son opposition à la GPA, au nom du respect de la personne humaine, du refus de l'exploitation de la femme, et du refus de la réification de l'enfant, objet d'un contrat entre les parties. « Il ne peut y avoir de GPA éthique », lit-on dans l'avis 126, qui dénonce des violences économiques, juridiques, médicales et psychiques sur les gestatrices et les enfants. Le CCNE s'inquiète de l'expansion rapide du marché international des GPA et appelle au renforcement de sa prohibition, en particulier via une convention internationale.
Concernant la reconnaissance de la filiation d'un enfant né par GPA à l'étranger, le CCNE met en avant l'exigence de transparence et de vérité vis-à-vis de ses origines ; ce qui le pousse à soutenir le choix de la délégation d'autorité parentale en faveur du parent d'intention n'ayant pas de lien biologique avec l'enfant (dès lors que l'état civil témoigne de la filiation biologique avec l'autre parent) - a contrario du Défenseur des droits qui s'est positionné en faveur de la reconnaissance d'une filiation avec le parent d'origine, au nom de l'« identité familiale de l'enfant ».
Les enfants doivent avoir un état civil qui porte la trace de tous les intervenants à la convention de gestation, et pouvoir accéder au contrat qui a permis leur naissance, recommande encore le CCNE.
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