L’ASSOCIATION pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) entend profiter de la médiatisation de la campagne présidentielle pour faire avancer son idée d’une légalisation de l’euthanasie. Forte de ses 48 000 adhérents, l’ADMD a l’intention de faire monter la pression jusqu’au 24 mars, jour d’un grand meeting au Cirque d’hiver-Bouglione à Paris, « en présence des candidats à l’élection présidentielle ». Très militante, l’ADMD a également lancé un appel en faveur de l’euthanasie, signé par nombre de personnalités parmi lesquelles les comédiennes Nathalie Baye et Mylène Demongeot, les humoristes Guy Bedos et Patrick Sébastien, les écrivains Noëlle Châtelet, Benoîte Groult ou encore le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Le texte demande aux candidats à la présidentielle de « prendre l’engagement solennel », s’ils sont élus, « de déposer très rapidement un texte de légalisation devant le Parlement, afin que la France rejoigne les pays de liberté qui ont déjà légiféré ».
Mobilisation contre.
De son côté l’Alliance Vita, opposée à l’euthanasie, organise, jusqu’au 27 avril, un « Tour de France de la solidarité », dans 50 villes, « afin de sensibiliser le grand public aux enjeux de solidarité autour de la fin de vie ». Le Collectif plus digne la vie « appelle plus que jamais à la mobilisation » en signant le « Manifeste citoyen pour la dignité de la personne en fin de vie ». Avec l’ancien ministre Claude Évin, le Pr Louis Puybasset, directeur de l’unité de neuro-réanimation chirurgicale à la Pitié-Salpétrière, prévient : « l’euthanasie légalisée entraîne un changement complet de la culture du soin et du rôle social de la médecine ». La Société française d’Accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) considère, de son côté, que « l’ouverture d’un droit à la mort n’est pas de nature à répondre à la complexité des situations de fin de vie ».
Quel que soit le prochain président élu, les chances d’obtenir la légalisation de l’euthanasie en tant que telle semblent toutefois assez minces. Au plus peut-on s’attendre à quelques aménagements de la loi de 2005 sur la fin de vie (loi Leonetti) ou voir réapparaître l’idée d’une exception d’euthanasie. Cette formule, utilisée par le Comité national d’éthique (CCNE) dans un avis de 2000, permettrait d’envisager de répondre aux « cas les plus extrêmes » comme celui de Chantal Sébire, atteinte d’une tumeur très rare des sinus. Il faut rappeler que la loi Leonetti de 2005 avait vu le jour après la médiatisation de l’histoire du jeune tétraplégique Vincent Humbert. Parmi les quatre principaux candidats à la présidentielle (François Bayrou, François Hollande, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy) aucun ne s’est prononcé formellement pour une légalisation de l’euthanasie. Le candidat socialiste est celui qui s’en est cependant le plus rapproché en évoquant la possibilité d’une « assistance médicalisée pour mourir dans la dignité » pour toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, « infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable ».
*Le Pr Louis Puybasset est également l’auteur, avec la journaliste Marine Lamoureux, d’un livre intitulé « Euthanasie, le débat tronqué », Éd. Calmann-Lévy, 16 euros. On peut également lire le livre de Tugdual Derville sur « La Bataille de l’euthanasie, enquête sur les 7 affaires qui ont boulversé la France », Éd. Salvator, 18,50 euros.
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