PMA chez les couples homosexuelles

Le « road trip » belge de deux Françaises

Publié le 21/07/2014
Article réservé aux abonnés
1405905132537830_IMG_134102_HR.jpg

1405905132537830_IMG_134102_HR.jpg

1405905131537828_IMG_134103_HR.jpg

1405905131537828_IMG_134103_HR.jpg
Crédit photo : DR

« C’est parti pour un road trip belge ! » Alexandra a de l’humour : le trajet en voiture qu’elle s’apprête à débuter, ce vendredi de fin juin, avec sa compagne Aurélie, sera tout sauf un voyage tranquille… Plus de huit heures de route attendent ce couple. Le départ des environs de Vannes (Morbihan) n’intervient qu’en fin de journée. Pas question de prendre sur son temps de travail. La petite Clio avale les kilomètres. Il est presque minuit quand on s’arrête dans un hôtel après Amiens. Quelques heures de repos sont les bienvenues. Demain, la journée sera fatigante. Il va falloir encore rouler pendant deux heures pour atteindre Gand et son hôpital universitaire. Puis, attendre dans le stress le rendez-vous fixé à midi pour l’insémination avant de repartir illico, direction la Bretagne…

Évaluation par une commission médicale

Ces deux femmes, d’une trentaine d’années, n’en sont pas à leur premier aller-retour. La démarche prévue par l’établissement belge exige des 150 couples français qu’il prend en charge en moyenne chaque année qu’ils viennent une première fois. Entretien avec la psychologue du service de reproduction et examen gynécologique au programme. Un dossier médical est constitué sur place. Il contient notamment les examens (dépistage, frottis…) effectués en France. « Par la suite, on nous a demandé d’écrire une lettre de motivation, raconte Aurélie. Notre dossier a été évalué par une commission médicale. La première insémination a eu lieu début mai. »

Fin juin, c’est la deuxième tentative. Le mois précédent, il n’y en a pas eue, faute d’ovulation. « En moyenne sur une année, nos patientes, toutes nationalités confondues, subissent 2,9 inséminations de sperme provenant d’un donneur anonyme, explique le Dr Frank Vandekerckhove, chef de clinique au centre de reproduction, qui pratique la PMA depuis 13 ans. Si l’on se réfère à 2012 et 2013, la moitié des femmes qui ont eu des inséminations a eu un enfant. Sur un seul cycle, le taux de réussite est proche de 20 %. »

Jusqu’à neuf inséminations

Le protocole suivi par l’équipe belge prévoit qu’après six mois de traitement sans résultat, des examens complémentaires sont réalisés. Si aucun problème particulier n’est détecté, la femme peut aller jusqu’à neuf inséminations. « On sait que le taux de réussite cesse d’augmenter après la neuvième insémination, précise le médecin. À ce moment-là, une FIV peut éventuellement être pratiquée. »

Pour l’heure, Alexandra, qui devrait porter l’enfant, ne se projette pas loin et vit pleinement chaque tentative. « Déjà, nous n’avions pas imaginé recourir si vite à une stimulation ovarienne, mais comme au deuxième cycle, il n’y en a pas eu et qu’une de nos amies, qui a vécu toute cette démarche, nous a dit regretter d’avoir trop attendu pour en demander une, nous avons opté pour auprès du gynécologue qui a accepté de nous suivre ici… »

Dans cet environnement psychologique très déstabilisant, occupé par des questions liées à la nature de la démarche et aux conditions pratiques imposées par ces voyages à répétition, l’état de stress peut influer sur le cycle de la femme et, donc, la réussite de l’acte. C’est en tout cas ce que relève le Dr Frank Vandekerckhove. D’où le recours au traitement médical.

Facteur de sérénité pour Alexandra, l’implication d’Aurélie, sa conjointe, est favorisée par l’équipe de Gand, à travers notamment l’invitation qui lui est faite de procéder elle-même à l’insémination.

Olivier Quarante

Source : Le Quotidien du Médecin: 9343