« L’ÉTAT continuera à vous soutenir », a assuré la ministre de la Recherche aux membres de l’équipe de l’unité de thérapie cellulaire en pathologie cardiovasculaire (Hôpital européen Georges Pompidou-INSERM 633). Alors que l’équipe du Pr Philippe Menasché s’apprête à effectuer un essai clinique sur six patients qui ouvre la voie à l’utilisation des cellules souches embryonnaires (CESh) dans le traitement de la déficience cardiaque, Valérie Pécresse a indiqué que le gouvernement accompagnera les chercheurs et leur offrira « une stabilité dans le cadre législatif ». « Votre cheminement est très intéressant, car il montre qu’il n’y avait pas d’alternative avec les cellules souches adultes », a souligné la ministre.
Le projet de révision de la loi de bioéthique, qui doit être débattu en janvier par les parlementaires, prévoit de maintenir le régime d’interdiction de la recherche sur l’embryon et les CESh avec autorisations dérogatoires. « Le gouvernement est responsable de son soutien à la recherche », ajoute la ministre, pour qui le législateur doit trouver « une position d’équilibre » entre les enjeux éthiques et les bénéfices attendus de cette recherche.
Le projet du Pr Menasché.
Après avoir réalisé la première greffe intramyocardique de cellules musculaires en juin 2000, le Pr Ménasché s’est reporté sur les CESh, un « choix par défaut ». Ce projet est « le fruit des désillusions, pour ne pas dire des échecs », explique-t-il. Car les cellules musculaires n’ont pas eu l’effet escompté sur la fonction ventriculaire gauche. « Cela nous a toutefois permis de tirer trois enseignements ». Le premier, qu’il fallait trouver des cellules cardiaques ; le second, qu’il fallait faire une cotransplantation avec des cellules mésenchymateuses et le troisième, qu’il fallait utiliser un patch ensemencé par ces deux types de cellules. Aujourd’hui, grâce à une collaboration interdisciplinaire (et notamment l’équipe de Michel Pucéat, à Evry), le projet est arrivé à l’étape clinique et n’attend plus que le feu vert de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). Cette dernière et l’Agence de la biomédecine font un « travail remarquable et ne méritent pas d’être pilonnés », estime le Pr Menasché. L’étude clinique de faisabilité, qui a reçu l’accord du Comité de protection des personnes (CPP), doit porter sur six patients et a impliqué la création d’une banque de cellules par la société de biotechnologie Mabgène, à partir d’une lignée de cellules souches embryonnaires de l’hôpital Saint-Louis. « Contrairement à ce qui se passe aux États-Unis (qui viennent d’autoriser deux essais cliniques avec des dérivés de CSESh), il s’agit ici d’une initiative publique hospitalo-universitaire », remarque le cardiologue.
Mais les CESh ne « seront peut-être qu’une étape dans cette histoire », tempère-t-il en rappelant que ce projet vient d’être soutenu par l’Association française contre les myopathies (AFM). À la veille du Téléthon, Valérie Pécresse a rappelé, de son côté, que ce rendez-vous annuel et télévisé permettait de récolter des fonds « irriguant toutes les maladies » et pas seulement orphelines. « Le Téléthon fonctionne », a-t-elle dit, et le remplacer par un appel à une cause globale serait une « fausse bonne idée » qui n’induirait pas une augmentation des dons pour le reste de la recherche.
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