Vieillissement de la population

Un effet marginal sur les dépenses de médicaments

Publié le 30/05/2010
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L’EFFET du vieillissement de la population sur les dépenses de médicaments à l’horizon 2029 devrait produire une hausse inférieure à 1,8 % selon le LEEM (Les Entreprises du médicament). Le syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique a en effet confié la réalisation d’une étude prospective sur ce sujet au Collège des économistes de la santé (CES), qui l’a réalisée avec le concours de l’INSERM.

Trois scénarios ont été élaborés dans cette optique. D’abord un scénario tendanciel, dans lequel l’hypothèse retenue est que les tendances épidémiologiques observées en 2004 sont prolongées sans changement jusqu’à 2029. Le deuxième scénario, baptisé « de vieillissement en bonne santé », présuppose que l’âge au moment du décès est identique à celui du scénario tendanciel, mais que la date de survenue de la maladie recule. Enfin, dans le troisième scénario « de vieillissement en bonne santé et de progrès médical », le postulat de départ est que la maladie survient plus tard, et le décès à un âge plus avancé.

Dans tous les cas de figure, note l’étude, « le taux de croissance moyen de la dépense de médicaments remboursables vendus en officine entre 2004 et 2029 se situe à moins de 1,8 % par an ». Avec de légères variables cependant : le taux de croissance moyen serait de 1,44 % dans le premier scénario, de 1,14 % dans le deuxième, et de 1,77 % dans le troisième. Dans tous les cas de figure, le taux de croissance reste dans la fourchette du taux moyen de croissance de l’économie.

Certes, l’étude fait nécessairement l’impasse sur le progrès thérapeutique appelé à survenir au cours de ces prochaines années, et qui pourrait modifier la donne, mais pour Christian Lajoux, président du LEEM, « la réponse à l’implication éventuelle du médicament dans la hausse des dépenses à venir est clairement qu’il n’y en a pas. C’est une bonne surprise car cela signifie que le vieillissement de la population ne pose pas de problème en matière de médicaments ».

L’étude du LEEM est rendue publique alors que Nicolas Sarkozy a récemment annoncé une hausse de l’ONDAM (Objectif national de dépenses de l’assurance-maladie) pour 2011 et 2012 sous la barre des 3 %.

 H.S.R.

Source : Le Quotidien du Médecin: 8779