La délégation d'activités (pour ne pas employer le terme de « tâches », jugé parfois désobligeant), peut être, comme tout outil, bénéfique ou maléfique, selon l'usage qui en est fait.
S'il s'agit de diviser pour régner, de fragmenter le pouvoir médical, de transformer chaque acteur de la santé en ouvrier spécialisé sommé d'effectuer servilement ce qu'on lui dit de faire, en laissant l'ingénierie de son travail aux managers (penser c'est déjà désobéir), on se trouve dans le Meilleur des mondes selon Huxley. Et je ne doute pas que certains y pensent sérieusement… notamment tous ceux qui espèrent « piquer des parts de marchés » à des professions protégées, dont le « monopole » est considéré non pas comme une conséquence de la volonté de protéger les populations, mais comme une simple préservation d'avantages acquis.
S'il s'agit de formaliser, pour le favoriser, le travail en équipes, de reconnaître la plus-value de chaque professionnel de santé à sa juste valeur, cela peut évidemment optimiser le fonctionnement du système de santé, lutter contre la non qualité et les activités inutilement chronophages. Cela devrait enthousiasmer tout professionnel de santé sincèrement voué à sa mission, et harassé de travail dans l'(in)organisation actuelle.
Le souci est donc celui de la confiance dans les objectifs réels ou supposés de ceux qui proposent ce changement. Et force est de reconnaître que depuis des décennies les décideurs de la santé publique et du financement de l'offre de soins ont généré plus de défiance que de confiance…
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