LES ORGANISATEURS roumains sont arrivés la veille en camion. En trois jours, ils enchaînent trois villes grecques. La semaine d’avant, ils étaient en Bulgarie. Près de 50 foires sont ainsi organisées cette année en Europe, dans une douzaine de pays.
Ce salon à Athènes aura attiré 150 professionnels de santé - quelques épouses et poussettes aussi. Les stands déroulent leurs offres. Salaire confidentiel. Une compagnie britannique d’hôpitaux privés recherche 200 médecins, des chirurgiens généraux surtout. « Nous avons déjà plus de 80 médecins grecs, et nous en sommes contents », raconte l’exposant. Ce groupe hospitalier recrute à l’étranger depuis 25 ans.
Vitalia n’a pas cette longue expérience, mais le groupe français de cliniques ne s’en sort pas trop mal. Trois précédents voyages en Grèce ont permis à la directrice des affaires médicales de recruter une dizaine de médecins. Voilà Sylvie Charlet qui repère un urologue. Par chance, il pratique la laparoscopie. Lui qui songeait à l’Allemagne change son fusil d’épaule : finalement, ce sera la France. D’autres « touches » suivent, qui viendront peut-être étoffer les équipes de Vitalia. Les installations ratées sont rares, selon Sylvie Charlet. « Il ne faut pas comparer avec les médecins généralistes placés par les agences, qu’ils soient roumains ou autres. Nos recrues étrangères sont entourées, elles ne se retrouvent ni seules, ni noyées dans un CHU ».
Le « sauve-qui-peut » des Grecs.
Arrive Athanasios, CV sous le bras. À 41 ans, il veut quitter la Grèce qui ne lui permet d’opérer qu’un jour sur deux. Partir vite, avec femme et enfants. L’agence Topmedica lui propose un éventail de dix pays, dont l’Allemagne, et les Émirats arabes unis. « La crise économique grecque est une opportunité pour notre business », confesse l’exposant. Athanasios tente sa chance sur le stand d’à côté. Une toute jeune agence de recrutement médical, 100 % grecque, organise la fuite des cerveaux du pays. La fondatrice, Angelina, invoque la mondialisation. Ses clients sont allemands, belges, scandinaves, arabes... Elle décrit un échiquier où tous les coups sont permis. « Je contacte des médecins grecs partis d’eux-mêmes à Paris pour les placer en Belgique. Cela marche. Je pense appeler les facultés de médecine françaises pour savoir si je peux envoyer des médecins grecs en France. En 2015, nous espérons placer une centaine de médecins grecs à l’étranger ».
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