« Les médecins se sentent humiliés. Ils ont été applaudis pendant le Covid et aujourd'hui on leur demande de rembourser des indus », dénonce à nouveau le Dr Corinne Le Sauder. La présidente de la FMF est toujours en colère contre le dispositif d'indemnisation pour perte d'activité (Dipa). Mise en place par la Cnam dès mai 2020, cette aide versée pour compenser partiellement la chute d'activité des libéraux continue de provoquer des remous dans la profession.
Dernier accrochage avec la Cnam : alors que nombre de praticiens avaient refusé que les « trop-perçus » soient récupérés automatiquement sur leurs paiements en tiers payant – tant que le litige n'est pas réglé – « plusieurs de nos confrères ont eu la mauvaise surprise de constater que les indus commençaient à être prélevés », s'exaspère la FMF.
Interpellé par la cellule juridique de la FMF, Thomas Fatôme, directeur général de Cnam, a été « réactif » et « fait cesser immédiatement cette erreur », concède le Dr Le Sauder. Mais l'intervention du patron de l'Assurance-maladie ne fera pas cesser tous les recours de la part des médecins libéraux contre le mode de calcul jugé contestable. La FMF affirme qu'elle accompagne déjà au moins 40 médecins – tous profils – qui s'apprêtent à saisir la commission de recours à l'amiable pour contester le mode de calcul du Dipa et le décret du 30 décembre 2020 précisant les modalités de mise en œuvre de cette aide. « Il faut revoir la méthode de lissage utilisée qui pénalise ceux qui ont retravaillé », explique la généraliste du Loiret.
Changer l'algorithme
Pas en reste, l'intersyndicale des « Libéraux de santé » (11 syndicats) fait le même type de requête. Dénonçant les « incohérences » du Dipa et son calcul « inique et peu lisible », elle réclame un système « équitable » pour tout le monde. « L’algorithme de calcul de base du Dipa doit être remis sur la table », avance l'organisation.
Lors du live chat du « Quotidien », Thomas Fatôme avait précisé qu'une aide moyenne de « 7 500 euros » avait été versée par médecin libéral concerné. Deux tiers des praticiens libéraux ont bénéficié à l'été 2021 d'une régularisation positive, mais des trop-perçus ont effectivement été réclamés dans un tiers des cas.
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