Cette formule pourrait lui tenir lieu de programme. Sur fond de crise, Simon Stevens doit en effet gérer en priorité deux dossiers très chauds : la qualité des soins et les économies budgétaires.
Travailliste, ancien conseiller de Tony Blair, Simon Stevens prend les rênes du mastodonte sanitaire anglais, plus grand service public de santé au monde (1,5 million d’employés), après avoir passé 10 ans chez le géant américain United Health Group. Il doit son retour sur le sol britannique à la démission de son prédécesseur, Sir David Nicholson, poussé vers la sortie par les effets collatéraux du scandale du Mid Staffordshire.
Cette affaire remonte au milieu des années 2000. Dans l’hôpital de Stafford, non loin de Birmingham, des coupes budgétaires drastiques avaient à cette époque entraîné une diminution flagrante de la qualité des soins. Un rapport publié en février 2013 estime que, de janvier 2005 à mars 2009, entre 400 et 1 200 personnes sont mortes, souvent dans des conditions sordides, à cause de soins ne répondant pas aux normes, de défaillances médicales et de privations. Le même rapport expliquait que la cure d’austérité budgétaire était au moins partiellement responsable de la dégradation terrible de la situation sanitaire. « Le conseil d’administration a jugé que les économies ne pouvaient être réalisées qu’en réduisant le personnel, qui était déjà en nombre insuffisant », accusait le document.
Miser sur les « énergies renouvelables »
Le scandale a durablement éclaboussé l’ancien chef du NHS pour deux raisons : non seulement il était responsable de la région de Stafford au moment des faits mais, en plus, il a été soupçonné d’avoir tenté de faire taire les lanceurs d’alerte qui dénonçaient le scandale... Pas question que de telles fautes se reproduisent, a assuré Simon Stevens dans son discours inaugural de Newcastle devant les personnels de santé. « Des vies peuvent être sauvées quand des personnes courageuses osent prendre la parole », a-t-il souligné.
Pour autant, le nouveau patron du NHS sait qu’il ne pourra pas compter sur une augmentation des moyens financiers à sa disposition pour améliorer la qualité des soins et des services. Il mise donc sur « trois sources incroyables d’énergies renouvelables » : le rôle accru que les patients/usagers jouent dans leur propre santé (prévention, dépistage, bon usage du médicament, éducation thérapeutique...) ; l’implication des aidants et des communautés ; et surtout le dévouement du personnel de santé médical et paramédical. « Les enjeux n’ont jamais été aussi importants pour le NHS », résume-t-il.
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