Les problématiques éthiques de la recherche en contexte de vulnérabilité ne sont pas réservées aux contrées lointaines. Le Dr Yannis Gansel, pédopsychiatre à Lyon et anthropologue, y a été confronté en pilotant une enquête sur les enfants et adolescents vus aux urgences hospitalières pour des problèmes de comportement, en Auvergne- Rhône-Alpes.
« Nous avons rencontré un problème, fréquent dans l'humanitaire : la contribution à la recherche moyennant l'accès à des ressources, en l'occurrence psychiatriques », résume le Dr Gansel. Ainsi les responsables des institutions où les adolescents résidaient (aide sociale à l'enfance, foyers) et les pédiatres avaient tendance à conditionner leur participation à l'obtention d'une consultation voire d'une hospitalisation en psychiatrie pour les enfants dont ils s'occupaient. De même, les attachés de recherche se sont retrouvés dépositaires des plaintes des familles à l'encontre du système de santé.
Ce type de recherche dite en soins courants veut que l'observation se fasse sans qu'il y ait intervention dans le processus de soins. Pas si évident, en pratique. « J'ai eu tendance à privilégier les soins avant la recherche et j'ai donné mes coordonnées et reçu des jeunes qui avaient été inclus », témoigne le Dr Gansel. Il reconnaît a posteriori une certaine naïveté : « On ne peut pas rencontrer innocemment les travailleurs sociaux si on est dans la position de prescrire leur travail. On ne peut pas respecter le cadre de la recherche non interventionnelle si l'on traite différemment les personnes qu'on inclut ».
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