Réunion du Comité d’éthique de l’INSERM

Favoriser la recherche sur l’embryon et la question du genre dans les études scientifiques

Publié le 23/06/2014
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Crédit photo : PHANIE

Après avoir renouvelé l’ensemble de ses membres l’année dernière, le Comité d’éthique de l’INSERM présidé par le neurobiologiste Hervé Chneiweiss vient de rendre deux avis, sous forme de notes, qui constituent chacun un point d’étape assorti de recommandations d’actions pratiques.

Le groupe « Embryon & développement » s’est ainsi penché sur les recherches concernant l’obtention de cellules germinales et de gamètes à partir de cellules souches, les recherches à visée cognitive sur l’embryon et celles susceptibles d’améliorer les traitements de l’infertilité et les résultats de l’assistance médicale à la procréation (AMP). De son côté, le groupe « Genre & recherche en santé » s’est constitué afin de sensibiliser les chercheurs de l’INSERM et, plus globalement, l’ensemble de la société, à l’impact des questions de genre sur la recherche en santé.

Pour une recherche au bénéfice de l’embryon

Pour les membres du groupe dédié à cette question, « la recherche sur l’embryon s’est intégrée dans un contexte réglementaire et éthique fait d’incertitudes, de malentendus voire de confusion au cours des vingt dernières années en France ». L’idée que toute recherche serait attentatoire aux intérêts de l’embryon et la considération, presque exclusive, des recherches faites à partir de cellules prélevées sur l’embryon au détriment de celles dont la finalité peut lui bénéficier directement, constituent les principaux obstacles rencontrés.

Les conclusions du groupe portent donc sur l’urgence de « faciliter et promouvoir les recherches sur l’embryon en développant une information auprès du public et des décideurs […] et en organisant de manière plus rationnelle la collecte, la conservation et la mise à disposition […] des embryons surnuméraires congelés ne faisant plus l’objet d’un projet parental et donnés à la recherche selon les modalités définies ». Il s’agit également « d’adapter les procédures de consentement au type d’embryon donné à la recherche » et « d’élaborer avec les chercheurs et les praticiens de l’AMP concernés des référentiels ou des recommandations chaque fois que nécessaire ».

Le sexe et le genre ne sont pas des variables séparés

Alors qu’en matière de santé publique, les différences selon le sexe sont bien établies dans les enquêtes épidémiologiques, les recherches se donnant pour objet de comprendre de tels écarts dans une perspective de genre restent rares en France. Les chercheurs du groupe rappellent à ce propos que « le sexe et le genre ne sont pas des variables séparées » et qu’il existe bien une interaction complexe entre le sexe biologique et l’environnement social, lequel peut être source de disparité et d’inégalité. Certaines représentations sociales sont ainsi des facteurs de risques tant pour la santé des femmes que pour celle des hommes.

Le groupe propose dès lors d’emprunter plusieurs pistes d’actions qui passent par des enquêtes « sur les recherches menées à l’INSERM impliquant un intérêt pour le genre en collaboration avec les laboratoires de sciences humaines et sociales » et la mise en place « d’ateliers pédagogiques sur la notion de genre et l’articulation genre/santé » afin d’intégrer le genre dans les pratiques de recherche et la clinique.

Benoît Thelliez

Source : Le Quotidien du Médecin: 9337