Le commissaire chargé des affaires scientifiques de la Commission européenne, Carlos Moedas, a annoncé ce matin la volonté de mettre en place un nouveau mécanisme de conseil scientifique pour la Commission européenne. Cette dernière va prochainement créer deux groupes d’experts, qui seront régulièrement consultés quand la commission devra statuer sur des sujets scientifiques et notamment sanitaires.
Le premier sera composé de sept sages et sera chargé de conseiller la Commission européenne en matière scientifique pour garantir « indépendance et transparence » dans un domaine où elle a souvent été accusée d’être sous influence.
Ce groupe doit être mis en place d’ici l’automne 2015. Les sept sages seront choisis « à travers le monde, sur le seul critère d’excellence, par un comité d’identification », a précisé Carlos Moedas. Ils recevront une indemnité pour leurs travaux, mais ils ne seront pas employés de la Commission.
Les académies mettent un pied dans la Commission européenne
Le second groupe sera composé d’experts issus de 5 groupes académiques, dont la fédération des académies de médecine (FEAM). Selon le Pr Dermot Kelleher, ancien président de la FEAM et doyen de la faculté de médecine de l’Imperial College de Londres, les académies de médecine ont réussi à obtenir ce strapontin auprès de la commission européenne « grâce au mémorandum lancé par le FEAM il y a quelques années afin de renforcer la coopération entre les groupes académiques. Nous avons alors pu rassembler des experts de plus de 100 académies européennes différentes. » Ce nouveau groupe d’experts constitue un porte-voix pour les recommandations des académies de médecines européennes.
Pour le Pr Bernard Charpentier, professeur de néphrologie à l’université Paris-sud 11 et nouveau président de la FEAM, « les académies de médecine sont en mesure de fournir des experts de haut niveau, sans conflit d’intérêt, ce qui est justement ce dont a besoin la commission européenne ».
Cette nouvelle architecture fait en effet suite aux critiques essuyées par la Commission concernant sa gouvernance scientifique. Le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, avait annoncé qu’il supprimerait le poste de conseiller scientifique en chef auprès du président de la Commission, créé par son prédécesseur et confié à une pro-OGM, la Britannique Anne Glover.
Plusieurs ONGs, dont Greenpeace et le Réseau environnement santé, avaient demandé à Martin Juncker d’instaurer un autre mécanisme pour contrer « les lobbyistes de l’industrie » qui « ont compris depuis longtemps que plus l’avis scientifique est concentré dans les mains d’une seule personne, et plus il est facile de la contrôler ».
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