« Les syndicats n’ont pas d’autre choix que la réforme », affirme le ministre de la Santé

Publié le 04/11/2013
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Crédit photo : DR

LE QUOTIDIEN - Comment lutter contre la corruption, très répandue dans les hôpitaux grecs ?

ADONIS GEORGIADIS - Les Allemands nous aident à implanter des tarifs hospitaliers nationaux. Le système actuel permet aux professionnels d’inventer des charges complémentaires, que le patient n’aura plus à payer demain. Aujourd’hui, des patients contournent les listes d’attente avec des consultations payées au noir : nous voulons autoriser les chirurgiens du secteur public à avoir une activité privée l’après-midi. Cela leur fera plus d’argent, qu’ils reverseront en partie à l’hôpital, et sur lequel ils paieront des impôts. Nous allons tracer par ordinateur les achats hospitaliers qui nous font perdre beaucoup d’argent. Nous pourrons contrôler en direct les stocks et les coûts.

Est-il vrai que les génériques étaient inconnus en Grèce jusqu’à l’an passé, et qu’il a fallu inventer un mot grec ?

Le mot existait dans le dictionnaire, mais personne ne l’employait.

Croyez-vous sincèrement pouvoir redresser la situation ?

Oui, absolument. Au terme de cette réforme, le système de santé grec sera beaucoup plus efficace. L’ensemble de la réforme sera achevé dans deux ans.

La santé des Grecs se dégrade. Les coupes budgétaires sont-elles en cause ?

Non, je ne le crois pas. Nous avons dépensé un tas d’argent par le passé. Maintenant nous sommes dans la moyenne européenne. Pour moi, il n’y a pas de lien.

Comment expliquez-vous l’augmentation du nombre de cancers, de suicides, de cas de HIV ?

Il n’y en a pas autant que ce que les médias disent. Les médias publient des graphiques qui ne sont pas vrais, ils font du catastrophisme avec la crise.

Les médecins grecs sont-ils en partie responsables de la situation actuelle ?

Les médecins grecs mènent une rude bataille, le système repose sur eux. Ils travaillent bien plus qu’ils ne devraient. Certains d’entre eux, pas tous, sont corrompus, et c’est pourquoi nous menons cette réforme. Nous modifierons la culture médicale, même si ce ne sera pas facile. Les syndicats n’aiment pas vraiment la réforme, mais ils n’ont pas d’autre choix. La réforme est l’unique option dont dispose la Grèce.

Vous reste-t-il des marges de manœuvre face à la Troïka ?

J’entends les conseils de la Troïka, qui trouve mes réformes très bonnes. La Troïka n’est pas l’ennemie de la Grèce. C’est elle qui nous accorde de l’argent, et nous la remercions infiniment.

PROPOS RECUEILLIS PAR D. CH.

Source : Le Quotidien du Médecin: 9277