DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
NOMMÉ il y a trois semaines en remplacement du Dr Philip Rösler promu ministre de l’Économie, le tout nouveau ministre de la Santé, Daniel Bahr, promet aux médecins un assouplissement des procédures de codage et de contrôle de leurs actes, mais aussi un retour à une organisation des soins plus régionalisée, à l’inverse des politiques mises en place ces dernières années.
Surtout, le plan du gouvernement annoncé lors du congrès annuel des médecins qui vient de se tenir à Kiel prévoit que les praticiens ruraux disposeront d’enveloppes de soins et de prescriptions plus importantes, mais aussi plus souples que leurs confrères des villes. Ceci doit leur permettre d’échapper aux risques de sanctions en cas de dépassement des budgets alloués. L’objectif est de renforcer l’attractivité des zones rurales, où l’on manque de plus en plus de médecins.
Bien que l’Allemagne dispose actuellement de 397 médecins pour 100 000 habitants, soit 30 % de plus qu’en 1991, un nombre croissant de communes se retrouvent sans médecins. Et 700 cabinets libéraux ont fermé l’an dernier faute de repreneur. La crise n’est pas seulement liée au vieillissement du corps médical, mais aussi aux départs croissants de jeunes médecins à l’étranger (voir encadré).
Bâtir avec la profession.
Le gouvernement annonce également une réforme des honoraires et de la tarification censée garantir une meilleure transparence des coûts. Il soutient les projets des organisations médicales qui souhaitent expérimenter de nouvelles formes de soins et d’exercice, y compris en matière de prescriptions. Les médecins vont ainsi s’associer aux pharmaciens pour mettre en place une politique plus rationnelle de délivrance et de suivi des ordonnances. Selon Daniel Bahr qui, âgé d’à peine 34 ans, est le plus jeune ministre de la Santé qu’ait connu l’Allemagne, les mesures d’économie prises notamment sur les médicaments ces derniers mois ont permis de restaurer l’équilibre de l’assurance-maladie (qui risquait de replonger dans le rouge). La faillite récente d’une caisse d’assurance-maladie semi-privée a illustré avec fracas les difficultés financières de nombreuses caisses du même type. Les assurés de cette caisse ont été « repris » par d’autres organismes similaires, comme le prévoit la loi.
Daniel Bahr assure aujourd’hui aux médecins que « l’ère des plans de rigueur est terminée » et souhaite désormais bâtir « avec eux » la politique de santé. Si le discours plaît aux médecins, ceux-ci restent très vigilants et attendent que les actes suivent les paroles… tout en s’interrogeant sur les moyens qui seront consentis pour financer des politiques moins austères que ces dernières années.
Enfin, le congrès s’est achevé par l’élection du nouveau président de l’Ordre des médecins dont les fonctions, plus larges qu’en France, incluent des prérogatives politiques et font de lui le véritable
« président » des médecins. Le Dr Frank Ulrich Montgomery, radiologue à Hambourg et président du Marburger Bund, le plus grand syndicat de médecins salariés et hospitaliers d’Allemagne, succède ainsi au Dr Hoppe, qui avait assuré cette fonction pendant 12 ans et ne se représentait plus. Syndicaliste renommé et redouté, le Dr Montgomery, dont le nom est aussi britannique que l’allure, sera sans aucun doute un partenaire, mais aussi un contradicteur combatif et déterminé des ministres de la Santé.
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