Traumatismes de la moelle épinière

Il faut labelliser des centres référents

Publié le 18/02/2013
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IL Y AURAIT environ 2 200 traumatismes de la moelle épinière par an en France. Plus de la moitié concerne des jeunes de moins de 25 ans, en majorité des hommes (un tiers), avec des conséquences graves, parfois définitives. « Or, bon nombre de ces tragédies personnelles pourraient être évitées et le coût que ces accidents représentent pour la société économisé, simplement avec une meilleure organisation de la prise en charge des blessés », indique l’Académie de médecine.

Les causes principales sont les accidents de la voie publique (70 %), les chutes et les accidents de sport. Parmi les patients décédés dans un accident de la route, 20 % des autopsies révèlent la présence d’une lésion du rachis cervical (< 5 % lorsque le patient a attaché sa ceinture de sécurité). La prise en charge en urgence des traumatismes de la moelle épinière est « très inégale dans notre pays selon les régions, y compris en Île de France, et représente une perte de chance pour le blessé ». Selon l’Académie, 3 à 25 % des lésions de la moelle épinière s’aggravent durant le transport à l’hôpital, ou durant les premières phases des soins et 25 % de paraplégies incomplètes au moment de l’accident deviennent complètes si les blessés arrivent trop tard à l’hôpital.

« Nombre de séquelles irréversibles sont dues à une erreur d’aiguillage », précise l’Académie pour qui le problème majeur, « non encore maîtrisé », consiste à envoyer dans un délai de 2 à 3 heures maximum le blessé dans un centre de référence apte à le recevoir et à lui prodiguer les soins adéquats dans les délais impartis de 3 à 6 heures. Prévenues dès le début du transfert, ces équipes pourront s’organiser pour éviter toute perte de temps si précieux pour le patient. Il suffit aux équipes de régulation du SAMU de connaître la liste des centres, sur l’ensemble du territoire, où des soins appropriés sont ou peuvent être effectivement réalisés.

L’Académie nationale de médecine déplore que ses recommandations formulées en 2005 soient restées lettre morte. « Le progrès, issu de l’accord survenu en 2009 entre les pompiers, souvent les premiers sur les lieux de l’accident, et le SAMU ne saurait cependant suffire à mettre fin au défaut d’organisation responsable de séquelles irréversibles ». L’Académie recommande que, dans le cadre du parcours de soins, des centres référents dédiés aux traumatismes de la moelle soient spécifiquement identifiés et labellisées afin que les opérateurs du SAMU puissent y transporter les blessés concernés dans les meilleurs délais pour un meilleur gain de chance.

STÉPHANIE HASENDAHL

Source : Le Quotidien du Médecin: 9219