Des vols annulés en cascade, des touristes et des passagers à bout de nerfs, abandonnés à terre et un personnel multipliant les arrêts maladie par peur d’être contaminés. Ce mauvais scénario qui semble sortir tout droit d’une série télévisée américaine, se passe à Rome dans l’aéroport de Fiumicino où le terminal 3 a été partiellement détruit par un incendie le 7 mai dernier.
Depuis, plus d’un mois a passé et le chaos est désormais maître des lieux. Le parquet de Civitavecchia, la cité portuaire romaine, en charge du dossier, a mis sous séquestre la partie du terminal ravagé par les flammes. Les magistrats ont aussi ordonné des analyses quotidiennes pour examiner la qualité de l’air et notamment les taux de dioxine. Les matériaux comme le plastique par exemple, qui ont brûlé dans l’incendie ont dégagé des particules fines nocives et provoqué des troubles respiratoires chez les employés.
Des masques antipollution
Pour protéger la santé du personnel et éviter un surplus de multiplication des arrêts maladies, la direction aéroportuaire (Adr) a décidé d’introduire le mi-temps dans le terminal 3. Les salariés seront détachés dans les autres terminaux pour effectuer les quatre heures journalières restantes prévues dans leur contrat de travail. Des normes transitoires ont été également adoptées pour les passagers afin de réduire le temps de passage et de permanence dans les zones du terminal 3 encore utilisées, toujours pour éviter les risques de contamination. Enfin, tout le personnel, quelle que soit sa qualification, employé dans le terminal partiellement incendié doit obligatoirement endosser des masques antipollution et suivre les normes sanitaire de décontamination.
Dioxine et PCB
Ces mesures peuvent a priori paraître exagérées mais le parquet refusant d’évoquer dans l’immédiat une date de retour à la normale, la direction aéroportuaire préfère ne pas prendre de risque. Pour éviter toutefois un climat de panique au sein de l’aéroport, les médecins détachés à Fiumicino qui ont été invités à faire preuve d’une grande discrétion, refusent de commenter la situation. Le contexte est d’autant plus délicat que les résultats des analyses effectuées depuis l’incendie par l’Institut supérieur de la santé (ISS) et le service national de la santé publique (Asl), sont légèrement différents.
L’Asl parle de valeurs légèrement au-dessus de la moyenne alors que l’ISS, évoquait dans l’un de ses derniers rapports un taux de concentration variable de dioxine et de PCB « de 10 à 40 fois supérieurs aux taux relevés dans les zones urbaines ». En ce qui concerne les PM10, le taux serait au-dessus des normes. D’où la décision dans l’immédiat de réduire la durée du temps de travail et la circulation des passagers dans toute la zone dévastée par l’incendie.
Depuis vendredi dernier, le volume de trafic dans l’aéroport de Fiumicino a été réduit de 40 %. La direction d’Adr a demandé au cas où la fermeture partielle du T3 devait perdurer, l’autorisation d’utiliser l’aéroport militaire pour désengorger Fiumicino et déplacer les low-cost sur l’aéroport secondaire de Ciampino.
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