DÉCOUVRANT, au moment de l’opérer, qu’un de ses patients avait une énorme croix gammée tatouée sur le bras, un chirurgien allemand juif a refusé de poursuivre son intervention, qui a été finalement terminée par une de ses consœurs. L’Ordre des médecins, saisi de l’affaire par l’épouse du patient, a exclu toute poursuite contre le médecin, en estimant que son attitude était compréhensible et qu’elle ne mettait pas en danger la vie du patient.
L’affaire s’est déroulée il y a quelques jours dans une clinique privée de Paderborn, une ville du centre- ouest de l’Allemagne. Le chirurgien devait opérer un patient âgé de 36 ans de la thyroïde, une intervention qui ne nécessitait sans doute pas qu’il le déshabille entièrement pendant la consultation préopératoire. Ce n’est donc que quelques jours plus tard, lorsque le patient déjà anesthésié et prêt pour l’intervention fut amené dans la salle d’opérations, que le chirurgien remarqua son imposant tatouage… et reposa immédiatement ses instruments en expliquant qu’il lui était impossible de continuer. C’est le médecin-chef de la clinique qui effectua alors l’opération.
Raison impérieuse
Choquée, l’épouse du patient alerta les journaux locaux et l’Ordre des médecins. Celui-ci, très embarrassé par cette question inédite de déontologie, a estimé que rien ne pouvait être reproché au médecin. Si la loi interdit en effet à un médecin de refuser de soigner un patient, ce tatouage provocant, par ailleurs prohibé par la loi allemande, comme toute apologie du nazisme, pouvait selon l’Ordre, constituer, pour le chirurgien, une raison impérieuse de cesser son opération. En outre, l’intervention n’était ni urgente ni vitale, le patient avait été correctement soigné à l’hôpital jusqu’au moment de l’opération, et un autre médecin était disponible pour effectuer cette dernière.
L’histoire ne dit pas si cet épisode conduira le patient à faire recouvrir son tatouage par un motif plus neutre, pour le cas où il devrait un jour subir une autre intervention chirurgicale…
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