Le chef des conservateurs fait donc face à deux dangers sérieux : d’une part le Royaume-Uni est soumis à de puissantes forces centrifuges, avec l’Écosse qui veut à la fois se gérer elle-même et rester dans l’UE, (sans compter le Pays de Galles qui fait mine de suivre la même voie) ; d’autre part, le référendum est une aventure qui peut très mal finir pour la Grande-Bretagne.
M. Cameron ne souhaite pas que les Écossais prennent le large ; il espère les amadouer avec de nouvelles mesures de « dévolution », c’est-à-dire de transfert de compétences. Il ne souhaite pas davantage que le Royaume-Uni quitte l’Europe, il veut seulement renégocier avec l’UE les termes du contrat qui le lie à l’Europe. Il sait très bien que le commerce de son pays avec l’Europe représente annuellement 500 milliards d’euros alors que le commerce total de l’UE s’élève à 5 000 milliards, dix fois plus, et que, plutôt que de faire des concessions qui affaibliraient les liens entre pays membres, la commission de Bruxelles pourrait envisager sereinement le « Brexit », c’est-à-dire, la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe. En même temps, dès lors que les Écossais veulent rester dans l’Union, un Brexit se traduirait presque certainement par une rupture entre Londres et l’Écosse.
M. Cameron a un bon bilan économique, taux de chômage en baisse, croissance meilleure que dans l’UE et il l’a obtenu sans augmenter les impôts, uniquement en réduisant les dépenses publiques, ce qui, corollaire négatif, s’est traduit pas une augmentation des inégalités dans son pays. Pour gagner ces élections générales, il s’est efforcé de répondre aux attentes d’une minorité au sein du parti conservateur franchement hostile à l’intégration européenne, alors qu’il n’existe pas, ou pas encore, de majorité britannique pour la rupture. Il a donc pris des risques pour gagner ce scrutin et il va devoir gérer ces risques dans les mois qui viennent. À Bruxelles et dans les capitales européennes qui comptent, Berlin, Paris et Rome, l’humeur n’est pas à amadouer le chef du gouvernement britannique qui, pour flatter les pulsions populistes à l’œuvre en Grande-Bretagne, a traité ses partenaires avec arrogance, se moquant notamment des réformes françaises, trop à gauche à son goût. La tendance est donc à une très grande fermeté européenne, qui s’appuiera sur les contradictions contenues dans la politique de M. Cameron.
Fermeté de l’Europe.
La Grande-Bretagne veut garder de l’Europe sa zone de libre-échange. Elle souhaite accroître son commerce avec les pays membres, mais elle rejette toutes les contraintes des accords européens, depuis Schengen jusqu’à la politique agricole commune (elle-même appelée au démantèlement).
De leur côté, les Européens n’ont de crainte que politique. Ils s’efforcent de maintenir la Grèce dans la zone euro alors qu’elle est de moins en moins capable de rembourser ses dettes et, si un « Grexit » devait précéder un « Brexit », l’Europe perdrait toute crédibilité aux yeux de ses amis comme de ses avdersaires. Mais M. Cameron peut-il pratiquer sans dommages pour le Royaume-Uni la politique du bord de l’abîme ? C’est peu vraisemblable. Il est donc souhaitable que l’Europe fasse preuve d’une très grande fermeté avec le Royaume-Uni, et qu’elle encourage à la fois le maintien de l’union britannique en montrant à l’Écosse que sa rupture avec Londres entraînerait des conséquences qui lui coûteraient très cher et au gouvernement britannique qu’un désaccord avec l’UE risque de déclencher le démantèlement du royaume. Bien entendu, le départ du Royaume-Uni aurait un coût pour tous les Européens et des projections montrent qu’il diminuerait le produit intérieur brut (PIB) de tous les pays membres. Mais il appartient à M. Cameron d’évaluer les effets de sa politique.
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