Le Parlement espagnol a approuvé définitivement ce 18 mars la légalisation de l’euthanasie, faisant de l’Espagne le quatrième pays en Europe l’autorisant, après les Pays-Bas en 2001, la Belgique en 2002, et le Luxembourg en 2009.
Priorité pour le gouvernement du socialiste Pedro Sánchez, cette loi, qui doit entrer en vigueur en juin, a été adoptée par la chambre basse du Parlement, grâce notamment aux voix de la gauche et du centre, par une large majorité de 202 députés sur 350. Quelque 141 députés de droite et d’extrême droite ont voté contre, tandis que deux se sont abstenus.
Avec cette loi, « nous avançons vers une société plus humaine et plus juste […] pour les personnes qui se trouvent dans une situation de grande souffrance et pour leurs familles », a déclaré la ministre de la Santé, Carolina Darias.
Conditions strictes
La loi espagnole autorise aussi bien l’euthanasie − c’est-à-dire lorsque le soignant provoque la mort du patient − que le suicide médicalement assisté − lorsque le patient prend lui-même la dose de produit prescrite pour se donner la mort.
Elle prévoit que toute personne ayant « une maladie grave et incurable » ou des douleurs « chroniques le plaçant dans une situation d’incapacité » puisse demander l’aide du corps médical pour mourir et s’éviter ainsi « une souffrance intolérable ».
La personne, espagnole ou résidant dans le pays, doit être « capable et consciente » lorsqu’elle fait la demande, qui doit être formulée par écrit « sans pression extérieure » et renouvelée quinze jours plus tard.
Le médecin peut rejeter cette demande s’il estime que ces critères ne sont pas remplis. En outre, la demande devra être approuvée par un autre médecin et recevoir le feu vert d’une commission d’évaluation.
Objection de conscience pour tout professionnel de santé
Tout professionnel de santé peut faire valoir son objection de conscience et refuser de participer à la procédure, qui est prise en charge par le système public de santé.
L’adoption de cette loi intervient après plusieurs cas emblématiques dans le pays au cours des dernières décennies, dont celui de Ramón Sampedro, tétraplégique incarné à l’écran par Javier Bardem dans le film oscarisé « Mar adentro ».
C’est une « victoire pour les gens qui pourront en bénéficier, et aussi pour Ramón », s’est félicité auprès de l’AFP Ramona Maneiro, l’amie qui l’a aidé à mourir en 1998. L’Église catholique, tout comme la droite et l’extrême droite, est, en revanche, vent debout contre cette réforme, dont l’application suscite, par ailleurs, les interrogations de certains médecins.
Dans le Portugal voisin, une loi très proche a également été votée fin janvier, mais la Cour constitutionnelle, saisie par le président conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, vient de retoquer le texte ce 15 mars. Motif : les situations ouvrant la voie au suicide assisté n’étaient pas encadrées « avec l’indispensable rigueur ». La Cour n’a en revanche pas considéré que le droit à la vie était « un obstacle insurmontable » empêchant le Parlement de légaliser l’euthanasie, si bien que le texte est renvoyé au Parlement, qui pourra l’amender avant de le soumettre de nouveau.
Avec AFP
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