CONSULTATIONS annulées, opérations reportées : en grève pendant quatre jours, les médecins et les pharmaciens grecs ont tenu tête au gouvernement la semaine dernière. Les médecins hospitaliers, dont le salaire a diminué de 35 % depuis le début de la crise, redoutent une nouvelle baisse de revenus. Les médecins du secteur privé, payés avec deux ans de retard, réclament l’argent que leur doit la caisse des fonctionnaires. Une bagatelle de 350 millions d’euros !
Les pharmaciens, que les caisses d’assurance-maladie n’ont pas davantage les moyens de payer, sont boudés par leurs fournisseurs qui ne font plus crédit. À Athènes, les pharmacies ne délivrent de médicaments qu’aux patients qui règlent comptant. Lorsque le gouvernement a annoncé son intention de limiter leurs marges, les pharmaciens, déjà agacés de devoir payer des impôts sur des revenus qu’ils n’ont pas perçus, ont tiré le rideau et rejoint les médecins dans la rue.
Le Dr Aristea Alevizos vit à Thessalonique. Retraitée depuis deux ans, elle assiste, impuissante, à la fonte progressive de sa pension. « On n’arrive pas à comprendre, on paie toujours plus, dit-elle. Deux de mes retraites complémentaires ont été éliminées. Il n’y a pas que la retraite qui diminue. Maintenant, on doit financer une caisse d’entraide ». Le gouvernement grec prévoir de ramener le budget de la santé à 7 milliards d’euros en 2012, contre 10,6 milliards d’euros en 2009. « Si nous n’y arrivons pas, les retraites devront être réduites de 12 % », a prévenu le ministre du Travail, George Koutroumanis.
La tentation de l’exil.
Le Dr Alevizos s’inquiète pour les jeunes. « Un ami de mon fils, cardiologue, part en Angleterre pour essayer de trouver du travail, raconte-t-elle. Être médecin en Grèce, ça ne vaut plus la peine. C’est trop d’efforts sans gagner beaucoup d’argent ». L’Angleterre et l’Allemagne, selon Aristea Alevizos, sont les deux destinations privilégiées des médecins grecs au chômage - la Grèce manque d’infirmières mais a trop de médecins.
Le ministère des Finances, dans un document fiscal, dépeint avec sévérité le système de santé hellène, un « trou noir où disparaît l’argent des contribuables ». Son credo : faire plus avec moins, grâce au développement des soins primaires, à la reprise en main du management hospitalier, et à la généralisation progressive des prescriptions électroniques. Ainsi, le ministère entend « surveiller et contrôler les coûts et les besoins réels en médicaments ». Les médecins grecs vivent mal cette mise sous tutelle et les règles sans cesse mouvantes. S’ils ont fait grève, c’est aussi pour protester contre les tarifs de la nouvelle caisse « EOPYY », issue du rassemblement de plusieurs organismes d’assurance-maladie : six euros la consultation (après impôts). Les médecins qui signeront un contrat avec « EOPYY » auront le droit de voir 200 patients par mois, pas un de plus. Les syndicats médicaux demandent aux pouvoirs publics de revoir leur copie.
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