Le gouvernement a annoncé, à l’occasion de la Journée des aidants le 6 octobre, une nouvelle stratégie nationale pluriannuelle dès 2023 pour les 8 à 11 millions de Français qui accompagnent un proche en perte d’autonomie, en situation de handicap ou malade. Il s’agira, dans une démarche de co-construction avec les associations, de « poursuivre l’effort » engagé avec la stratégie précédente (période 2020 – 2022), explique le ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Jean-Christophe Combe, dans un communiqué.
Plusieurs priorités sont affichées : « éviter l’isolement » des aidants, faciliter leur quotidien et leur permettre de « mieux concilier aidance et vie professionnelle ». Le ministère évoque ainsi le renforcement de l’« offre de répit ». Alors que 252 lieux d’accueil ont déjà été créés, le gouvernement mise notamment sur le développement de relais auprès de la personne aidée à son domicile.
Une révision de la définition des proches aidants
Est également annoncé un travail sur la « définition des proches aidants dans le code de l’action sociale et des familles pour mieux inclure les aidants de personnes en situation de handicap et les aidants de personnes malades ». Ce chantier est salué par l’Association française des aidants, le Collectif inter-associatif des aidants familiaux (Ciaaf), l’Association Jeunes Aidants Ensemble (Jade) et la Fondation France Répit.
« Cela répond à une attente forte des associations d’une approche qui prenne en considération la diversité des situations d’accompagnement, à tous les âges de la vie et sans discrimination de pathologie et/ou situation de handicap de la personne accompagnée », commentent-elles dans un communiqué commun, soulignant notamment que les aidants de personnes malades ne sont pas éligibles à de nombreux dispositifs, comme le congé de proche aidant (prévu pour s'occuper d'une personne handicapée ou âgée ou en perte d'autonomie) ou le droit au répit (pour les proches de bénéficiaires de l'APA).
Si les associations saluent la perspective d’une gouvernance et d’un pilotage les associant, de même que les personnes concernées, elles rappellent que « les chantiers pour faciliter les quotidiens des proches aidants demeurent nombreux : conciliation des temps, développement des solutions de répit, prise en compte de l’activité d’aidant lors de la retraite, reconnaissances des savoirs expérientiels, etc. »
Dans une tribune publiée dans « Le Monde », la Dr Hélène Rossinot, médecin spécialisé en santé publique, autrice de « Aidants, ces invisibles » en 2019 et de « Être présent pour ses parents » en 2022, lance également un appel à une meilleure reconnaissance des aidants dans les entreprises. Citant les données de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), elle rappelle qu’un Français sur six était un aidant en 2020 et que ce sera le cas d’un sur quatre en 2030.
Elle dénonce le « carewashing », pratiqué par les entreprises à l’occasion de la Journée des aidants : « de nombreuses entreprises et institutions choisissent de communiquer sur le sujet des aidants, sans que rien ne change par la suite ». Elle réclame à l’inverse une levée du tabou dans les milieux professionnels et une reconnaissance des compétences « utiles au travail » acquises par les aidants : « gestion d’un budget, de dossiers administratifs, apprentissage de la négociation, coordination d’une équipe, organisation sans faille… », liste-t-elle. Selon elle, une évolution « possible » relèverait d’un « réel effort d’information et de sensibilisation, à tous les niveaux, y compris auprès des intéressés ».
Un travail estimé à 200 milliards d’euros par an
Dans une autre tribune, elle aussi publiée dans « Le Monde », les membres de l’Observatoire solidaire des salariés-aidants en appellent eux aussi à une meilleure reconnaissance de ces Français dont l’engagement, s’il était assuré par des professionnels dédiés, « représenterait un coût qu’on peut évaluer à 200 milliards d’euros par an », estiment les signataires. « Sans eux, notre système social serait en péril », insistent-ils.
Alors que des dispositifs existent déjà pour soutenir les aidants salariés (chèque CESU-RH, assistant social, flexibilité des horaires, don de jours de RTT, etc.), ils encouragent les entreprises à « expérimenter de nouveaux dispositifs d’accompagnement ». Une piste est avancée avec la création d’un « système de tiers aidant » via le recours à des métiers de coordination (technicien-coordinateur de l’aide psychosociale aux aidants – TCAPSA) ou par l’abonnement à des structures extérieures.
Les pouvoirs publics pourraient également envisager la création d’un « plan d’épargne dépendance, dès l’âge de la majorité voire dès la naissance » ouvrant la voie à un « nouveau modèle de solidarité et de prévoyance ». De même, la réforme des retraites pourrait « être l’occasion d’établir plus d’équité entre les salariés-aidants et non-aidants en assouplissant le recours au congé proche-aidant, en revalorisant l’indemnité journalière et en améliorant les droits à la retraite des aidants », expliquent les signataires.
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