Parler aux enfants, garder une routine, et maintenir les liens affectifs : tels sont les messages clés des spécialistes pour aider les parents à protéger les plus jeunes.
« Pour éviter que les enfants ne s’inquiètent ou pour calmer leur inquiétude, il est indispensable de les aider à parler et de répondre à leurs questions sans mentir », souligne l'Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA). Même si les plus petits ne peuvent saisir l'ampleur de l'épidémie et ses conséquences, ils ressentent la déstabilisation des parents et la nouvelle organisation de la vie, observe l'AFPA.
Partir de ce que l'enfant a compris
Pour parler à un enfant, l'association conseille de partir de ce qu'il a compris et des questions qu'il se pose. « Écouter d’abord l’enfant est important puis lui répondre en utilisant des mots simples adaptés à son âge et des exemples imagés de son quotidien de jeu » recommandent les pédiatres. Ils insistent sur les messages positifs : rassurer les enfants sur le travail qu'effectuent les médecins pour soigner les malades, garder confiance dans les institutions et espoir dans la résolution de la crise. A contrario, ils appellent à les protéger des messages anxiogènes des médias.
Pour gérer au mieux la situation de confinement, l'AFPA préconise de maintenir un rythme de vie fixe, des règles éducatives, et des routines. Autre conseil : maintenir les liens familiaux et faire de cette période un moment de partage en famille, y compris des tâches de la maison, ou des écrans... « même s'ils sont plus utilisés qu'habituellement ».
Quant au besoin physiologique de bouger des petits, l'AFPA s'en remet aux recommandations du gouvernement : autour du pâté de maison, dans la cour, et de courte durée.
Des fiches pratiques pour les parents d'enfants à troubles
Le service de pédopsychiatrie du CHU Robert-Debré a de son côté mis en ligne une série de fiches pratiques pour aider les parents d'enfants et d'adolescents anxieux, mais aussi d'enfants avec troubles du spectre autistique ou trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.
Pour les enfants avec TSA, les équipes proposent des éléments de guidance, que les parents peuvent piocher pour structurer l'espace et le temps, occuper l'enfant, gérer les écrans, et prévenir les troubles du comportement. « Vous serez sans doute amenés à adapter les exigences et à être plus tolérants vis-à-vis des attentes autour de l’autonomie, les apprentissages scolaires ou les comportements », lit-on. « Si votre enfant présente un changement brutal du comportement, pensez à prendre sa température. Il est possible que des douleurs soient en cause », rappellent les spécialistes, en invitant les parents à demander conseils par téléphone au médecin traitant.
Pour les enfants avec un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, le Pr Richard Delorme rappelle l'importance de suivre des règles d'hygiène de vie grâce à des journées structurées, et invite à poursuivre, le cas échéant, le traitement médicamenteux sauf avis contraire médical. Il faut rappeler que les ordonnances périmées peuvent être utilisées en pharmacie pour la délivrance du traitement (sauf méthylphénidate). Le médecin de l'enfant peut aussi effectuer une téléconsultation si besoin et envoyer une nouvelle ordonnance par mail, est-il rappelé. Enfin, point commun de toutes ces recommandations, il est conseillé aux parents de se ménager et de prendre soin d'eux.
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