Après avoir dénoncé une « attaque lâche et barbare qui endeuille une nouvelle fois notre pays tout entier » en référence à l'attentat de Nice survenu ce 29 octobre, le Premier ministre Jean Castex, accompagné de plusieurs de ses ministres, a détaillé les mesures de ce nouveau confinement annoncé la veille par le président de la République.
Jean Castex a rappelé la brutalité de cette deuxième vague, « qui touche toutes nos régions et nos catégories d’âge », justifiant ainsi un confinement à l'échelle nationale (à l'exception des territoires et départements d'outre-mer), effectif dès vendredi à 00 h 00 et jusqu'au 1er décembre, pour « casser la spirale épidémique ». C'est donc le retour de l'attestation pour justifier des déplacements, limités à une heure et à 1 kilomètre, et le télétravail doit redevenir la norme, lorsqu'il est possible.
Masque obligatoire dès le cours préparatoire
Néanmoins, « les modalités et les contours de ce nouveau confinement ne seront pas ceux de mars-avril, car nous en avons tiré des enseignements, a souligné le Premier ministre. Nous veillerons à mieux préserver l'essentiel : le droit à se soigner, à s’éduquer, se former… ».
Ainsi, les établissements scolaires, de la maternelle au lycée, continueront d'accueillir les élèves, avec des protocoles sanitaires renforcés basés sur les recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), avec notamment le port du masque obligatoire dès le cours préparatoire. « Peu de contaminations ont eu lieu en milieu scolaire », a souligné le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Et de rappeler qu'« au-delà des conséquences éducatives, nous savons aussi que le confinement peut avoir pour les enfants des conséquences sur leur développement psychique, sur leur développement physique et même sur leur santé ». Services publics, maisons départementales des personnes handicapées, guichets de poste et banques continueront leur activité également, tout comme le secteur du BTP, entre autres.
Déprogrammation de soins non Covid
Olivier Véran, le ministre de la Santé, a ensuite détaillé les mesures prises pour le système de santé afin de faire face à cette deuxième vague. « Le premier objectif en termes de préparation du système sanitaire est la préparation de nos hôpitaux pour être capable d'accueillir et de soigner dans les meilleures conditions possible un grand nombre de malades qui affluent chaque jour », a-t-il déclaré. Le nombre de lits destinés à prendre en charge des patients Covid a été augmenté dans l'ensemble du parc hospitalier (public et privé).
Le nombre de lits de réanimation, qui augmente en fonction des besoins, s'élève à 6 400 en date du 28 octobre. Et cela passe par la déprogrammation des soins non Covid. « Quarante évacuations sanitaires ont par ailleurs déjà eu lieu des régions les plus soumises à la contrainte sanitaire à destination des régions dans lesquelles la pression sanitaire est encore un peu plus faible. Cette solidarité entre région permet d'éviter une saturation rapide des réanimations », a souligné le neurologue.
Le ministre de la Santé a ensuite déclaré avoir déclenché le plan blanc national pour amorcer, via les ARS, une déprogrammation d'un certain nombre de soins de médecine ou de chirurgie qui doit être proportionnée à la situation sanitaire de chaque territoire. Néanmoins, « nous faisons le choix de privilégier et de maintenir autant que possible la prise en charge pour les maladies chroniques, pour les cancers, les activités de greffe, les soins aux personnes atteintes de handicap, et également pour les troubles psychologiques et psychiques que le confinement peut aggraver », a noté le ministre.
Un objectif affiché de moins de 5 000 cas quotidiens
Il a également souligné les besoins en ressources humaines supplémentaires, rappelant qu'au cours de l'été, 7 000 soignants ont été formés aux techniques de réanimation et de prise en charge des patients atteints du Covid. Il a également salué le fait que plus de 9 000 soignants se sont déjà inscrits sur Renforts-Covid ainsi que la mobilisation des étudiants en santé, « une aide de tous les instants en ville comme à l’hôpital ».
« Nous pouvons compter sur une mobilisation de tous les instants de la médecine de ville, des pharmaciens, etc., tous ont une place à part dans le système de santé face à l'épidémie, a-t-il poursuivi. Bientôt ces libéraux pourront déployer les tests antigéniques et renforcer notre démarche de stratégie diagnostique. » Selon le ministre, les deux millions de tests PCR par semaine seront bientôt atteints.
Olivier Véran a rappelé le délai entre les mesures prises et l'effet sur l'épidémie : « durant le confinement du printemps, il a fallu attendre quelques jours pour voir un impact sur le nombre de nouvelles contaminations et il a fallu 18 jours pour avoir un impact sur la charge de soins à l'hôpital et le nombre de malades à l'hôpital ». L'objectif de ce nouveau confinement affiché par le président de la République est de passer sous la barre de 5 000 malades par jour pour retrouver le contrôle de l'épidémie.
De leurs côtés, Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, Élisabeth Borne, ministre du Travail, et Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, ont détaillé les modalités relatives à leur portefeuille respectif, comme la possibilité de poursuivre les tournages, l'activité partielle et les différents dispositifs d'aide aux entreprises.
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