LE PRÉSIDENT SARKOZY a milité pour que le G7 soit élargi à d’autres puissances qui sont, il est vrai, devenues déterminantes dans l’évolution de l’économie, soit parce qu’elles ont acquis un poids économique et financier considérable, comme la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde, soit parce qu’elles disposent de ressources stratégiques, comme l’Arabie saoudite. Ce n’est que justice de les associer à des délibérations qui, sans leur participation, risque de rester nulles et non avenues. Mais cela complique la recherche de solutions à la crise par le simple effet de la multiplicité des voix et des intérêts qui ne sont pas forcément concordants.
Une seule réunion pour une crise de cette intensité, qui ne semble pas du tout toucher à sa fin, et alors que les prévisions des grands instituts internationaux, comme le FMI ou l’OCDE, restent extrêmement pessimistes (l’OCDE parle d’un doublement du chômage en Europe qui, en conséquence pourrait atteindre 12 % et plus), c’est peu. Mais voilà, tout le monde est très occupé, notamment Barack Obama, et il y a d’autres rendez-vous que le G20. Lequel doit s’efforcer, pour réussir, d’harmoniser les politiques de redressement américaine, européenne et asiatique et d’empêcher à tout prix le retour au protectionnisme. Les positions de Washington et de Bruxelles se sont entre-temps rapprochées, notamment lors d’une visioconférence récente Obama-Sarkozy-Merkel : le président des États-Unis, qui réclamait un plan de relance européen comparable au sien, a admis que, pour l’instant, les efforts de la France et de l’Allemagne semblaient suffisants. On est loin cependant d’une action mondiale concertée, et est-elle seulement possible ? Plus raisonnable est de relever qu’aucun État de la planète n’a pris de mesures à contre-courant : les Chinois, par exemple, qui disposent d’une réserve de 2 000 milliards de dollars placés surtout en bons du Trésor américain, entendent poursuivre leurs achats d’obligations américaines, même s’ils ont vaguement évoqué la création d’une monnaie internationale soutenue par un panier de devises. Les experts écartent cette suggestion qu’ils jugent utopique. Mais Pékin ne fera rien pour se débarrasser de ses dollars : elle serait la première victime d’une chute abyssale de la devise américaine.
La nouveauté, c’est Obama.
Les membres du G20 doivent impérativement rassurer les marchés et les chômeurs en puissance, qui sont des dizaines de millions dans le monde. Malheureusement, personne ne croit que la crise sera terminée à la fin de l’année et personne n’espère sincèrement une reprise de la croissance en 2010.
L’OTAN n’est pas dans un meilleur état, qui, en dépit de l’utilité qu’elle a eue au lendemain de la chute du Mur de Berlin, principalement en Serbie, au Kosovo, en Afghanistan, se cherche une vocation. Elle continue néanmoins d’être un formidable aimant pour les ex-membres du bloc soviétique, l’Ukraine, la Géorgie et d’autres, qui veulent échapper à l’influence de Moscou. Mais la Russie de Poutine n’entend pas laisser les Occidentaux marcher ses plates-bandes et les dirigeants de l’OTAN doivent mettre au point une approche qui apporte une forme de sécurité aux anciens satellites de Moscou sans provoquer le raidissement de la Russie.
G20 ou OTAN, l’immense nouveauté de 2009, c’est que M. Obama a remplacé George W. Bush,qu’il tient un discours et engage une action diamétralement opposés à ceux de son prédécesseur. Qu’il s’agisse de l’Irak, d’où il entend retirer les troupes américaines au plus vite, de l’Afghanistan et du Pakistan ou, en dépit de sa détermination à combattre Al-Qaïda, il demande expressément l’aide, en idées et en moyens, de ses alliés, mais aussi de l’Iran et de la Russie, le nouveau président mesure lucidement les difficultés et nuance sa diplomatie sur un fond de fermeté militaire. D’une certaine manière, l’Afghanistan lui offre la possibilité de dialoguer plus intimement avec la Russie et avec l’Iran: la première craint l’’influence islamique à sa longue frontière du Sud et le second déteste cordialement les taliban sunnites. Cependant, ni les Russes ni les Américains n’ont cessé de se méfier des États-Unis et ils ont raison sur un point : Barack Obama n’st pas homme à signer le déclin de son pays. Tout, au contraire, dans son allant, son énergie, la rapidité de son action, la multiplicité quotidienne de ses décisions, montre qu’il entend garder à l’Amérique son statut d’unique superpuissance.
Il n’y parviendra que si l’économie américaine se redresse bientôt et si les comptes américains sont apurés. Entre-temps, il n’est pas interdit de comparer les styles des présidents américain et français, qui se sont déjà rencontrés et qui ont des points communs. Certes, ce n’est pas sans un certain ridicule que Nicolas Sarkozy cherche, depuis plus de deux mois, à s’ériger en interlocuteur privilégié de M. Obama.Il n’a pu, au terme d’un long effort, obtenir qu’une communication téléphonique. Et M. Obama a commencé son périple européen par une visite au frère de sang, le Royaume-Uni. Mais il ne manquera pas de trouver chez son partenaire français ce dynamisme et cette volonté de forcer le destin qui l’animent lui-même. Bien que M. Sarkozy, d’une façon quelque peu enfantine, n’aime guère que le tout nouveau tout beau président américain lui fasse de l’ombre, les deux hommes constateront, si ce n’est déjà fait, qu’ouverture et rupture sont les deux mamelles du rapprochement franco-américain. Un rapprochement dont le mérite revient à M. Sarkozy, qui, au grand dam de l’opinion française, n’a pas voulu, naguère, bouder George W. Bush, sachant que celui-ci parvenait au terme de son deuxième mandat et que les présidents passent alors que les nations demeurent. La France, dès 2007, s’est donc inscrite dans le courant historique de l’amitié franco-américaine, puis elle a préparé lentement mais sûrement son retour au commandement de l’OTAN. Voilà. La voie est libre pour une profonde coopération avec le président le plus enthousiasmant que les États-Unis aient eu depuis Roosevelt.
Obama et Sarkozy se jaugent encore mais vont s’entendre
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