LE CHEF DU LABOUR, Ehud Barak, a rendu un fier service à M. Netanyahou en acceptant de participer à son gouvernement, où il occupera sans doute le poste de ministre de la Défense qu’il assurait déjà dans le gouvernement sortant. On sait pourquoi il l’a fait : pour rester au pouvoir. On sait aussi les obstacles de toutes sortes qu’il a dû franchir pour parvenir à un accord avec le Likoud. D’abord, c’est une alliance contre nature : il n’existe pratiquement aucune convergence programmatique entre les travaillistes d’une part, le Likoud et a fortiori le parti d’extrême droite d’Avigdor Lieberman, d’autre part. M. Barak a réussi, au terme d’un débat plus que houleux, à convaincre ses amis travaillistes, mais n’importe quel dossier, par exemple l’extension des colonies (qui semble programmée à Jérusalem) risque de remettre le feu aux poudres au sein du Labour.
La caution travailliste.
Si M. Netanyahou est satisfait d’avoir obtenu le concours de M. Barak, c’est d’abord parce qu’il avait besoin des 11 voix de députés travaillistes à la Knesset, sans lesquels il n’avait pas de majorité ; c’est aussi parce qu’une alliance Likoud-extrême droite n’était pas viable. Théoriquement, Israël est libre de faire jouer la règle démocratique et de trouver une majorité là où elle existe ; pratiquement, il en va tout autrement, le nouveau Premier ministre ayant besoin d’une crédibilité internationale. Cependant, il y a loin du langage aux actes. Si M. Netanyahou et M. Barak ont tous deux affirmé qu’ils poursuivraient les négociations avec l’Autorité palestinienne en vue d’un accord de paix, personne n’ignore, en Israël et hors d’Israël, que M. Netanyahou a déjà dirigé un gouvernement (1996-1999) qui a donné beaucoup de fil à retordre au président Bill Clinton et aux diplomates.
La situation est donc plus que paradoxale, elle accumule les contradictions : M. Netanyahou ne souhaite pas la création d’un État palestinien, mais, s’il avait formé un gouvernement conforme à ses convictions, il aurait été une sorte de paria international. Il lui fallait donc une caution politique qui le rendrait acceptable pour la communauté internationale. Il a tenté de l’avoir avec le parti Kadima de Tzipi Livni, qui a refusé, préférant se situer dans l’opposition, bien qu’elle ait remporté le plus grand nombre de sièges à la Knesset. Si Mme Livni n’a pu elle-même former un gouvernement, c’est parce qu’elle ne parvenait pas à la majorité absolue en aditionnant les voix de son parti et celles des travaillistes. Si M. Netanyahou a voulu tenter sa chance, c’est uniquement parce qu’il attend depuis 10 ans de revenir au pouvoir. Il y est donc parvenu, privant Israël d’une occasion de faire la paix.
Kadima, en effet, souhaite poursuivre les négociations avec Mahmoud Abbas, accepte la création d’un État palestinien, se prépare à faire, en échange de la sécurité d’Israël, des concessions comparables à celles que Ehud Barak, alors chef du gouvernement, avait faites en 2000 aux Palestiniens, notamment une capitale palestinienne à Jérusalem-Est.
Un anachronisme.
Le retour au pouvoir du Likoud constitue donc une régression historique. C’est aussi un anachronisme, parce que le monde a beaucoup changé depuis le départ de Bush et l’arrivée d’Obama. Ceux qui s’imaginent que le nouveau président des États-Unis va dicter les conditions de la paix à Israël se trompent lourdement. Mais il ne fait aucun doute qu’il exercera sur M. Netanyahou les pressions que M. Bush a toujours refusé d’exercer sur Ehud Olmert, l’actuel Premier ministre. Le nouveau gouvernement va prétendre négocier à partir d’une ligne dure ; il va se cacher derrière les travaillistes pour donner l’illusion d’accélérer un mouvement diplomatique dont la lenteur est pour le moment désespérante. En réalité, sa coalition risque d’éclater très vite quand les travaillistes se dresseront devant M. Lieberman. Tzipi Livni a compris la fragilité du gouvernement Netanyahou et ne pense pas qu’elle attendra longtemps pour prendre en main les affaires d’Israël. On risque quand même de perdre un temps précieux.
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