IL N’EST PAS DE JOUR sans annonce de réduction d’effectifs, de licenciements multiples, de fermeture d’usine. C’est le tissu industriel et social français qui est en train de se désagréger. Désespérés, les ouvriers victimes de la crise qui, naguère, trouvaient un recours dans les promesses de Nicolas Sarkozy, savent aujourd’hui qu’il est impuissant. Quand la justice elle-même, comme dans le cas de Continental, société allemande, confirme la validité du « plan social », il ne leur reste que leurs yeux pour pleurer. Devant cette calamité, le chômage, qui frappe les uns et épargne les autres, la notion de solidarité nationale devrait jouer à plein.
La prise en charge du malheur par tous.
On ne dira pas que le gouvernement ne multiplie pas les efforts, qu’il n’a pas tout fait pour indemniser au mieux le chômage technique, qu’il ne s’est pas dressé avec la rigueur du justicier contre la pratique des retraites chapeau, des parachutes dorés et des bonus, autant d’insultes à la misère de ceux qui sont au bas de l’échelle. Mais tout l’argent qui sera retiré à ceux qui s’en goinfrent n’allègera pas la souffrance des nouveaux chômeurs. Un plan social exceptionnel, adapté à une conjoncture tragique, doit être mis en uvre quoi qu’il en coûte. Car ce n’est pas ce plan qui aura coûté le plus cher. Le renflouement des banques et les pertes de recettes dues au ralentissement de l’économie se traduisent par des dizaines de milliards soustraits au fisc. Accroître le déficit budgétaire ? Mais oui, si c’est une solution provisoire. La crise a aggravé les inégalités de la société française et, s’il est impossible pour le moment d’augmenter les impôts, il faudra bien de toute façon, dès le début de la reprise attendue au plus tôt pour 2010, que Nicolas Sarkozy, qui n’a pas « été élu pour augmenter les impôts » se résigne à le faire. Qu’est-ce que la solidarité nationale, sinon la prise en charge par tous du malheur d’un certain nombre ?
On n’en est pas là. Le Premier ministre, dont la rigueur est louable, ne doit pas tomber dans la seule défense du dogme. La part des prélèvements obligatoires est trop élevée pour qu’on envisage de les augmenter ? Cela ne vaut que lorsqu’on abuse du filet social. Nous ne sommes plus dans ce cas de figure. Ce sont les systèmes français de santé et de retraite qui ont amorti, pour beaucoup de nos concitoyens, les effets délétères de la crise. Certes, il semble excessif d’alourdir des dépenses sociales qui représentent déjà, à plus de 500 milliards, près d’un tiers du produit national brut. Mais à danger exceptionnel, remède exceptionnel. Chacun de ces ouvriers, pères ou mères de famille endettés qui doivent financer l’achat d’un logement et veiller à la croissance et à l’éducation de leurs enfants, mérite notre complète sollicitude. C’est de l’intérêt des gens, et aussi du gouvernement, s’il ne veut pas assister à une contestation dont ses ennemis annoncent le très violent avènement.
Une aide ne serait pas utopique.
Le saccage de Continental n’a pas grandi les ouvriers, pas plus que ne sont acceptables les sequestrations de patrons. On ne voit pas où est la logique d’un comportement violent qui ne s’adresse pas aux racines du drame ; les patrons séquestrés ne sont, le plus souvent, que des employés chargés de faire le sale travail par une multinationale ; la destruction de locaux n’est qu’une contribution à l’appauvrissement du pays. Cela signifie néanmoins qu’une douleur qui conduit à de tels actes ne peut être que profonde et que nous devons tous en tenir compte, au lieu de plier l’échine en attendant que l’incendie s’éteigne. Il faut que la communauté nationale paye pour maintenir le niveau de vie des licenciés, pour qu’ils continuent, au moins pendant un an, à vivre comme s’ils n’avaient pas perdu leur emploi. Utopique ? Pas si le gouvernement, au terme de la crise, passe la facture aux contribuables qui en ont les moyens. Nous ne sommes pas égaux contre la crise. Certains secteurs sont moins touchés que d’autres, les services moins que l’industrie manufacturière, les technologies de pointe moins que l’automobile et ses sous-traitants. On ne peut pas à la fois garder sa maison intacte en dépit du séisme et ignorer les voisins pris dans les décombres de la leur.
NOUS SOMMES INÉGAUX DEVANT LA CRISE
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