Courrier des lecteurs

Affaire Bonnemaison : Conseil-potiche ou Conseil de l’Ordre ?

Publié le 24/07/2014
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Il est logique que le Conseil de l’Ordre (qui reste opposé à la levée de la radiation du Dr Bonnemaison malgré son acquittement, ndlr) s’en tienne au Code de Déontologie, en l’occurrence l’article 38 (R.4127-38 du Code de la Santé publique) : « Le médecin doit accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage. Il n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort ».

Or il faut lire les attendus du tribunal : notre confrère n’a pas prévenu les familles ; il a utilisé du Norcuron dans un cas au moins, ce qui est bien atypique ; et si la volonté de provoquer délibérément la mort n’est pas établie, il est surprenant qu’elle soit survenue dans sept cas traités par un urgentiste compétent et expérimenté... D’ailleurs, la justice n’a pas définitivement tranché puisque le parquet a fait appel. Le conseil est prudent dans cette affaire, il n’est pas au-dessus de la justice puisque ses décisions peuvent être déférées au conseil d’état.

Il est rassurant que le conseil de l’ordre respecte la déontologie..., c’est peut-être plus important que de régler les problèmes de pas de porte entre confrères. La probité des médecins français est un fait reconnu, elle le doit beaucoup au Conseil de l’Ordre, même si il n’est pas trop politiquement correct de le dire.


Dr Daniel Baume, Kinshasa (République Démocratique du Congo)

Source : Le Généraliste: 2689