L ES bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO) sont caractérisées par une limitation du flux ventilatoire d'aggravation progressive, associée à une inflammation pulmonaire persistante. Il existe trois processus distincts à l'origine de la BPCO : la bronchite chronique accompagnée d'une hypersécrétion de mucus ; l'emphysème associé à une destruction des parois alvéolaires et l'asthme chronique.
Le traitement de la BPCO demeure peu satisfaisant. Pourquoi ne pas tenter l'usage des glucocorticoïdes inhalés ? Les études cliniques sur l'asthme ont montré qu'un tel type de traitement, donné régulièrement, est efficace pour réduire les symptômes et la fréquence des accès d'exacerbation, ainsi que pour améliorer la fonction ventilatoire.
La triamcinolone par voie inhalée
Le « Lung Health Study Research Group » a tenté l'essai, chez 1 116 personnes souffrant de BPCO modérée, dont le VEMS se situe entre 30 et 90 %. De la triamcinolone a été administrée par voie inhalée à raison de 600 μg deux fois par jour, pendant une période moyenne de suivi de quarante mois. Le principal caractère d'évaluation est la vitesse de déclin du VEMS après administration d'un bronchodilatateur. Les autres critères de jugement sont fondés sur l'évaluation des symptômes, la consommation médicale et la réactivité des voies aériennes (hyperréactivité bronchique après métacholine). Par ailleurs, dans un sous-groupe de 412 personnes, la densité osseuse du rachis lombaire et du fémur a été mesurée au départ, puis au bout d'un an et de trois ans de traitement.
Les résultats ne sont pas à la mesure des espérances. Globalement, l'usage de la triamcinolone ne ralentit pas le déclin de la fonction respiratoire chez ces sujets souffrant de BPCO. Les résultats sont concordants avec ceux de trois autres études importantes et notamment l'European Respiratory Society Study on Chronic Obstructive Pulmonary Disease.
Une amélioration de la réactivité des voies aériennes
De fait, l'arrêt du tabagisme reste à ce jour la seule mesure efficace pour diminuer le déclin de la fonction pulmonaire chez ces sujets. Toutefois, on observe une amélioration de la réactivité des voies aériennes tout comme de la symptomatologie respiratoire (diminution des accès d'exacerbation), se traduisant par une réduction du recours aux centres de soins pour des motifs en rapport avec les troubles respiratoires.
L'importance et la fiabilité de ce résultat dépendent en fait de la gravité de la BPCO. Dans l'étude de l'European Respiratory Society, cet effet n'est pas trouvé car les patients ont une BPCO légère et ceux ayant des antécédents d'asthme ont été exclus. En revanche, dans l'Inhaled Steroids in Obstructive Lung Disease in Europe Study, les patients ont une BPCO sévère et les effets des glucocorticoïdes inhalés sur les symptômes respiratoires, la fréquence des exacerbations et le statut global de la santé se font sensiblement percevoir.
« The New England Journal of Medicine », 28 décembre 2000, vol. 343, pp. 1902-1909 et éditorial pp. 1960-1961.
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