REFERENCE
Sarcolemme, canaux ioniques, appareil contractile...
On a pu montrer que les cardiopathies hypertrophiques sont des maladies du sarcolemme, le syndrome du QT congénital des maladies des canaux potassiques ou des canaux sodiques ; quant aux cardiopathies dilatées, elles sont liées à des altérations génétiques à différents endroits de la cellule musculaire cardiaque : altération de la membrane, de l'appareil contractile, de l'enveloppe nucléaire, des filaments intermédiaires.
Dilatées, hypertrophiques, restrictives, arythmogènes, inclassées
Les cardiomyopathies étaient ainsi définies : pathologies du myocarde associées à une dysfonction du cur. Actuellement, on distingue les cardiomyopathies dilatées, hypertrophiques, restrictives, arythmogènes et les formes qui restent inclassées.
Cardiomyopathies hypertrophiques hétérogènes
La génétique a commencé à s'intéresser aux cardiomyopathies hypertrophiques qui avaient été décrites par Vulpian. On sait maintenant qu'elles sont hétérogènes par la localisation de l'hypertrophie qui est souvent septale, par son étendue, par la sévérité variable du tableau clinique, par son âge d'apparition, l'importance des complications et enfin par son pronostic, par l'incidence de la mort subite. De nombreuses hypothèses pathogéniques ont été proposées : stimulation anormale du système sympathique, épaississement des artères coronaires, aspect anormal des myocytes. En fait, on sait, grâce à la génétique, qu'il s'agit d'une anomalie de l'appareil contractile liée à une mutation du gène qui code pour les protéines de la myosine ou de l'actine ; il peut aussi s'agir de la protéine C cardiaque liée à la myosine. Quatre-vingt-deux familles ont été génotypées en France : on a ainsi pu montrer qu'il y avait deux gènes majeurs, celui codant pour la chaîne lourde bêta de la myosine, et celui de la protéine C cardiaque. Mais il existe 47 autres mutations. Tout se passe comme si chaque famille avait sa propre mutation. Les formes liées au gène de la myosine ont le plus souvent une hypertrophie modérée, une pénétrance incomplète, une fréquence élevée des morts subites. Les formes liées à la protéine C cardiaque, qui sont moins fréquentes, ont un phénotype peu accentué et un bon pronostic. Mais il existe une grande variabilité dans une même famille. Les études génétiques ont montré que, dans un quart des cas, les porteurs de la mutation étaient sains, ce qui pose un problème éthique ; une consultation multidisciplinaire de génétique en cardiologie a été ouverte récemment à la Pitié-Salpétrière.
Dystrophie d'Emery et Dreyfus
Une autre maladie a également bénéficié de ces acquis génétiques : la myopathie avec rétraction familiale, qui a été décrite en 1902 par Cestan et Lejonne et par la suite appelée dystrophie musculaire de Emery et Dreyfus. Elle associe rétractions musculaires et tendineuses et une atteinte cardiaque avec troubles de la conduction, arythmie ventriculaire et risque élevé de mort subite. Dans une même famille, il peut exister des patients qui ont seulement une atteinte cardiaque et d'autres chez qui s'associent atteinte cardiaque et musculaire. Il s'agit de la mutation d'un gène qui code pour la lamine A et C (constituants de l'enveloppe du noyau) porté par le chromosome 1. Ce même gène est responsable de quatre pathologies différentes : la dystrophie musculaire, la cardiomyopathie avec troubles du système de conduction, une dystrophie musculaire des ceintures et une lipodystrophie partielle.
Communication du Dr Ketty Schwartz au colloque organisé par la fondation Singer-Polignac sur la cardiologie du 3e millénaire.
Pause exceptionnelle de votre newsletter
En cuisine avec le Dr Dominique Dupagne
[VIDÉO] Recette d'été : la chakchouka
Florie Sullerot, présidente de l’Isnar-IMG : « Il y a encore beaucoup de zones de flou dans cette maquette de médecine générale »
Covid : un autre virus et la génétique pourraient expliquer des différences immunitaires, selon une étude publiée dans Nature