EuroPrevent 2018 : la vitesse de marche un facteur pronostique chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires...

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Publié le 20/04/2018
tapis roulant

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Crédit photo : Phanie

Plusieurs résultats présentés à l'EuroPrevent 2018, un congrès de l'European Society of Cardiology, qui se tient du 19 au 21 avril en Slovénie, confirment le bénéfice de l'activité physique après un infarctus. Deux autres études montrent que la vitesse de la marche est un facteur pronostique chez les patients cardiaques et que l'obésité abdominale, même avec un IMC normal, reste un facteur de risque cardiovasculaire.

Activité physique après un infarctus : un bénéfice significatif sur la survie

Une équipe suédoise a présenté les résultats d'une étude sur l'intérêt de l'activité physique après un infarctus du myocarde. Le fait d'être actif réduirait de moitié le risque de décès à 4 ans, selon les résultats obtenus à partir d'une cohorte de 22 227 patients ayant eu un infarctus.

Les participants ont été amenés à rendre compte de leur niveau d'activité à 6-10 semaines et à 12 mois post-infarctus. Au cours d'un suivi moyen de 4,2 ans, 1 087 patients sont décédés. Les chercheurs ont évalué la survie à long terme en fonction des changements d'activité physique reportés par les patients. La mortalité était de 28,2 % chez les patients « constamment inactifs », de 12,7 % chez ceux ayant une « activité réduite », de 11,4 % chez ceux ayant une « activité accrue » et de 7,5 % chez les « constamment actifs ».

« Nos résultats indiquent que les patients qui augmentent leur activité physique au cours de la première année suivant l'infarctus réduiront considérablement leur risque de mortalité », indiquent les auteurs. De plus, « les patients qui ont déclaré être physiquement actifs 6 à 10 semaines après l'infarctus, mais devenus inactifs par la suite, semblent avoir un effet bénéfique », précise le Dr Örjan Ekblom, auteur principal de l'étude, tout en soulignant que le bénéfice est plus important chez les personnes qui restent actives.

L'activité physique a ainsi toute sa place dans la prise en charge de l'infarctus. Des études complémentaires permettraient d'évaluer le type d'activité qui pourrait être particulièrement efficace.

La vitesse de marche : une relation inverse avec le risque d'hospitalisation

Selon une deuxième étude, la vitesse de marche est inversement corrélée au risque et à la durée d'hospitalisation chez des patients présentant une hypertension et une maladie cardiovasculaire. Les résultats sont publiés dans « European Journal of Preventive Cardiology ».

Les 1 078 patients de l'étude ont effectué à l'inclusion un test de marche d'1 km sur tapis roulant d'intensité modérée. Les patients ont été classés en trois groupes en fonction de leur vitesse de marche : « lent » (369 patients), « intermédiaire » (362) et « rapide » (357).

Après un suivi de 3 ans, les hospitalisations toutes causes concernaient 50 % des patients lents, 44 % des patients intermédiaires et 31 % des patients rapides. « Chaque km/h supplémentaire de la vitesse de marche a entraîné une réduction de 19 % de l'hospitalisation globale », soulignent les auteurs.

Un lien inverse a également été retrouvé pour la durée d'hospitalisation : elle était de 23 jours par personne pour le groupe « lent » contre 9 pour les patients rapides.

« Ces résultats soutiennent la pertinence pronostique de la vitesse de marche chez les patients ambulatoires atteints de maladies cardiovasculaires », concluent les auteurs.

Obésité abdominale : un critère à prendre en compte

Une troisième étude a montré que les personnes présentant une obésité abdominale et un IMC normal présentaient un risque cardiovasculaire plus important que les personnes sans obésité abdominale.

Une cohorte de 1 692 patients a été suivie sur 16,1 ans. Un événement cardiovasculaire majeur – infarctus, pontage aortocoronarien, intervention coronarienne percutanée ou décès toutes causes – est survenu chez 22,6 % des patients.

L'analyse de ces cas montre la présence d'obésité abdominale augmente le risque cardiovasculaire, quel que soit l'IMC.

« Cette forme de corps reflète un style de vie sédentaire, une faible masse musculaire et une consommation trop élevée de glucides raffinés », estime le Dr Jose Medina-Inojosa, auteur de l'étude, soulignant que les médecins ne doivent pas « supposer que les personnes ayant un IMC normal ne sont pas à risque de problèmes cardiaques ». Cette étude témoigne de l'intérêt de prendre en compte l'obésité abdominale dans l'évaluation des risques des patients.


Source : lequotidiendumedecin.fr