E N ce qui concerne la grippe, les données du GROG rapportent une progression de l'épidémie de virus A (H1N1) au cours de la dernière semaine de l'année 2000.
La description des premiers cas de grippe A, confirmés par étude virologique, a permis de constater que les signes cliniques les plus fréquemment rapportés par les patients demeurent classiques. Il s'agit d'une sensation de fièvre ou d'une température mesurée supérieure à 38 °C (98 %), de toux (89 %), d'un début brutal de l'infection (87 %), de céphalées (8 1%), d'une asthénie (79 %), des courbatures (75 %), de frissons (69 %), d'une rhinite (66 %) et d'une pharyngite (60 %). La fièvre à plus de 39 °C n'est présente que dans un cas sur deux. Pour cette raison, les spécialistes du GROG recommandent de prendre en considération tous les patients atteints d'une fièvre supérieure à 38 °C. Il convient aussi de noter que des signes digestifs (nausées, vomissements, douleurs digestives) sont présents dans un cas sur cinq simulant un tableau de gastro-entérites et qu'un atteinte des bronches de petite taille, source de confusion avec les infections à virus syncytial respiratoire (VRS) est présente dans 5 % des grippes confirmées.
En France métropolitaine, les huit régions les plus touchées (seuil épidémique : 246 cas pour 100 000 habitants) sont : la région PACA (794), la Bretagne (560), le Nord - Pas-de-Calais (415), le Limousin (413), les Pays de la Loire (269), Rhône-Alpes (212), le Languedoc-Roussillon (208) et le Centre (168).
Des gastro-entérites plus précoces
Selon les estimations du réseau Sentinelles-INSERM (unité INSERM 444), l'épidémie des gastro-entérites a été cette année plus précoce de deux semaines par rapport aux saisons précédentes. Cette affection a déjà conduit 900 000 personnes à consulter leur médecin depuis le début de l'épidémie. L'incidence hebdomadaire de la dernière semaine de 2000 a été très nettement au-dessus du seuil épidémique (665 cas pour 100 000 habitants pour un seuil calculé à 255 cas pour 100 000 habitants) et actuellement 15 régions sur 22 sont déjà touchées par l'épidémie : Aquitaine (1 525), Bretagne (1 255), PACA (1 093), Nord - Pas-de-Calais (1 085), Picardie (903), Bourgogne (779), Rhône-Alpes (557), Limousin (525), Midi-Pyrénées (504), Franche-Comté (491), Centre (458), Basse-Normandie (445), Pays dela Loire (334). Les premiers touchés par cette épidémie sont les jeunes enfants et la moitié des malades sont âgés de moins de 27 ans.
Au cours des six semaines épidémiques de l'hiver 1999-2000, 1,3 million de personnes avaient consulté un médecin généraliste.
Des dizaines de milliers de tout-petits
Le virus syncytial respiratoire (VRS) reste épidémique dans toute la France, bien que le nombre des isolements ait sensiblement diminué. Cette affection a encore atteint, au cours de la dernière semaine de l'année 2000, des dizaines de milliers de tout-petits, selon les estimations du GROG. Si l'on se réfère aux saisons précédentes, le nombre de cas devrait maintenant rapidement régresser, pour atteindre son niveau de base à la fin du mois de janvier.
Ne pas se fier à la température
La comparaison avec les hivers précédents, très largement dominés par les souches de virus A (H3N2), montre qu'il ne faut pas se fier à l'intensité de la fièvre pour établir un diagnostic. Cet hiver, les courbatures font défaut chez un patient sur quatre et les frissons chez un tiers d'entre eux. Les grippes à forme digestive sont plus fréquentes que les deux années précédentes (19 % contre respectivement 13 et 12 %).
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