L E néfopam est un analgésique non opioïde central indiqué dans le traitement symptomatique des affections douloureuses. De par sa structure, il s'apparente aux antihistaminiques et aux antiparkinsoniens ; il s'agit du 3,4,5,6,-tétrahydro- 5-méthyl-1-phényl-1H-2,5- benzoxazocine hydrochloride.
Trois observations, publiées par des Italiens dans le « New England Journal of Medicine », suggèrent que cette molécule est efficace dans le hoquet intraitable (indication hors AMM).
La première concerne une femme de 32 ans atteinte d'une leucémie lymphoblastique, qui est hospitalisée pour un hoquet intense, presque continuel depuis 48 heures. Les manœuvres vagales, la chlorpromazine (10 mg I.V. trois fois par jour pendant 24 heures) et la lidocaïne (dose de charge de 1 mg/kg, suivie d'une perfusion continue de 2 mg/minute pendant six heures) sont inefficaces. On fait alors une I.V. de 10 mg de néfopam ; en une minute, le hoquet s'arrête et ne revient pas pendant quatre heures. On administre alors à la patiente le néfopam à la dose de 10 mg en I.V. quatre fois par jour pendant deux jours, associée à la carbamazépine orale (200 mg trois fois par jour) : le hoquet ne revient pas.
La deuxième observation concerne une jeune femme de 25 ans qui a une candidose œsophagienne secondaire à un syndrome immunodéficitaire. Cette patiente est vue pour un hoquet continu résistant aux manœuvres vagales. Une I.V. de 10 mg de néfopam stoppe son hoquet en moins d'une minute. On lui donne alors de la nimodipine orale (30 mg trois fois par jour) ; le hoquet ne revient pas.
La troisième observation est celle d'un homme de 58 ans à qui l'on fait une embolisation percutanée d'une malformation artério-veineuse intracrânienne. Le hoquet qui apparaît chez ce patient résiste aux manœuvres vagales et à la lidocaïne (bolus I.V. de 2 mg/kg). Après 10 mg de néfopam en I.V., le hoquet disparaît en moins d'une minute et ne réapparaît pas.
« Notre expérience suggère que chez les patients avec hoquet sévère résistant aux manœuvres vagales et aux traitements par chlorpromazine, lidocaïne ou les deux, une réponse rapide peut être obtenue par néfopam I.V », concluent les auteurs.
Federico Bilotta et Giovanni Rosa (université La Sapienta, Rome). « New England Journal of Medicine » du 28 décembre 2000, pp. 1973-1974 (lettre).
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