De notre envoyé spécial
E N progression de 16 % en 1999 et de plus de 11 % en 2000, Pierre Fabre Dermocosmétique a réalisé, à la fin de cette dernière année, un chiffre d'affaires supérieur à 3 milliards de francs, alors que le groupe pharmaceutique dans son ensemble achevait l'année avec un résultat de 7,6 milliards. C'est dire l'importance de ce secteur pour l'avenir de Pierre Fabre.
Un développement qui a été incontestablement accéléré par le lancement de la marque Avène avec des produits à base d'eau thermale fabriqués sur le site même de la source. En dix ans, la marque s'est hissée au second rang du marché français pharmaceutique.
La marque Avène est maintenant présente dans le monde entier, et notamment au Japon où elle connaît une croissance impressionnante.
Avec 900 millions de chiffre d'affaires, Avène devance nettement Ducray (425 millions), Klorane (360 millions), Galenic (337 millions), Pierre Fabre Dermatologie (208 millions), René Furterer (142 millions) et Physicians Formula (151 millions, aux Etats Unis).
Cet ensemble a été scindé en deux pôles, le pôle dermatologie (Avène, Ducray et Pierre Fabre Dermatologie) qui produit des médicaments et des cosmétiques destinés aux soins dermatologiques, et le pôle dermopharmacie (Galenic, Klorane et René Furterer) qui s'est spécialisé dans le secteur des cosmétiques de conseil pharmaceutique.
Une unité de lieu
Toutes ces marques se trouvent aujourd'hui réunies sur le site des Cauquillous, à Lavaur dans le Tarn, dans des locaux incontestablement agréables, en harmonie avec un environnement que beaucoup envieront : cet ensemble de 73 hectares a les apparences d'une vague, selon ses promoteurs, où fontaines, gazons, plantes et parvis forment une harmonie quasi parfaite.
Une réussite de l'architecte Roger Taillibert, qui a déjà conçu de nombreux locaux du groupe Pierre Fabre.
La surface bâtie de 13 600 m2, sur six niveaux, est faite pour accueillir 350 collaborateurs, là encore dans un cadre agréable même si l'on peut imaginer que le choix résolu de l' open space ne fasse pas, ici comme ailleurs, l'unanimité.
A 7 km du centre de Lavaur, Pierre Fabre confirme donc son ancrage dans le Tarn, mais le site est également proche de l'autoroute Toulouse-Albi et à moins de 30 min de l'aéroport de Toulouse : l'implantation mondiale est donc prise en compte dans ce déménagement de Castres vers Lavaur.
Plus de 200 personnes se consacrent à la recherche
Le centre « Les Cauquillous » regroupera la direction de Pierre Fabre Dermocosmétique, les marques et les affaires réglementaires. Il est à proximité des différents centres de recherche qui alimentent et alimenteront les marques, avec la volonté affichée de ne pas séparer, a priori, les recherches sur la peau normale et sur la peau malade.
Le centre de recherche dermocosmétique Pierre Fabre, situé à Vigoulet-Auzil, est l'un des centres clés de cette recherche, abritant quelque 130 personnes travaillant dans de nombreux axes de recherche : fonction barrière, inflammation cutanée, mélanogenèse, annexes de la peau. Ce centre officialise chaque année quelque 200 formules ou reformulations, enregistre près d'un millier de dossiers à l'étranger, dispose d'une dizaine de brevets internationaux. Les chercheurs de ce centre se consacrent aussi bien à des thèmes de recherche fondamentaux en nouant de nombreux partenariats, par exemple l'étude du biofilm des océans, ainsi qu'une recherche appliquée de tests des produits par des volontaires, plus ou moins « naïfs ».
Bien entendu les recherches sur les plantes et substances naturelles occupent une grande place dans la recherche avec une procédure de criblage à haut débit.
Si le centre de recherche dermocosmétique joue un rôle central dans le développement des nouveaux produits, il travaille en collaboration avec de nombreuses autres structures appartenant au groupe ou correspondant à des alliances stratégiques avec les universités, l'INSERM ou le CNRS. On citera par exemple le centre Jean-Louis-Allibert, au CHU de Rangueil de Toulouse, qui se consacre essentiellement à la biométrologie, au laboratoire de biologie cellulaire cutanée implanté également à la faculté de médecine de Rangueil. De nombreuses structures du groupe travaillent également en relation étroite avec le centre de Vigoulay : le centre pharmaceutique de Labège, le centre de Saint-Julien-en-Genevois pour l'immunologie, le centre de recherche clinique de Peraudel.
Au total, plus de 200 personnes se consacrent à la recherche en dermocosmétologie chez Fabre, qui réserve environ 4,8 % de son chiffre d'affaires à cette activité. Un ratio qui est très différent de celui observé dans le monde de la cosmétologie où le pourcentage de l'effort de recherche est généralement inférieur à 2 %.
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