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Le CHU, un acteur de la biologie médicale

Publié le 10/03/2014
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Nous avons lu dans « le Quotidien du Médecin » du 25 février 2014 des affirmations qui ne reflètent pas la réalité de l’exercice de la biologie médicale dans les CHU ; elles provenaient d’organisations professionnelles sœurs, exaspérées par les difficultés actuelles de l’exercice. Le texte que nous publions aujourd’hui est un rectificatif non polémique.

Nos collègues et amis libéraux affirment : les CHU, non soumis à la Nomenclature, trustent les nouveaux marchés.

C’est inexact, voici ce qu’il en est :

- Pour les patients qui viennent en consultation et qui ne sont ni hospitalisés, ni hospitalisés de jour (HDJ), ni hospitalisés à domicile (HAD), si les examens prescrits sont réalisés à l’hôpital, c’est la Nomenclature des Actes de Biologie Médicale (NABM) qui s’applique pour la facturation, avec un B (unité de tarification générale des actes en biologie médicale) à 0,27 euro.

- Pour les patients hospitalisés en Médecine, Chirurgie et Obstétrique (MCO), dans les groupes homogènes de malades, les groupes homogènes de séjour (GHM/GHS), les HDJ et les HAD, la biologie médicale hospitalière est facturée au forfait.

Pour les B Hors Nomenclature portant sur les actes issus de la recherche et de l’innovation (BHN), ils ne sont pas facturés, mais comptabilisés dans les MIGAC (Missions d’intérêt général et d’aide à la contractualisation), une dotation MIGAC est attribuée aux Établissements publics de Santé sur des bases de calcul inférieures aux coûts.

Quid des internes

Nos collègues et amis hospitaliers affirment : les collègues de CHU se retranchent derrière leurs internes… qui ne sont pourtant pas plus habilités à libérer un résultat que ne l’est un technicien.

C’est inexact : les internes – qui sont des praticiens biologistes médicaux en formation, ayant de 7 à 11 années de formation en faculté et à l’hôpital, et qui ont, au préalable passé avec succès le difficile concours de l’Internat ou l’Examen Classant National, qui ensuite suivent le cursus conduisant au Diplôme d’Études Supérieures de Biologie Médicale (DES BM, qui est qualifiant) –, peuvent valider les examens sous la responsabilité d’un biologiste médical notamment en période de permanence de l’offre de biologie médicale. Rappelons qu’à partir du 5e semestre d’internat, les internes peuvent assurer des remplacements de biologiste responsable.

Cependant, de jour, ce sont les biologistes médicaux qui valident, en présence de l’interne (mission d’enseignement). La validation de jour, en particulier pour les examens urgents, est la priorité absolue sur toute autre tâche. Même si on peut se faire aider par les internes, le planning de validation ne repose pas sur eux mais sur les biologistes médicaux du service. Une permanence biologique doit être assurée en dehors de la période de permanence de l’offre de biologie médicale et les internes sont convaincus que cette activité est très formatrice.

La biologie médicale est une et indivisible, même si les types d’exercice différents coexistent, mais avec le même souci de la part de tous les Biologistes médicaux, hospitaliers et libéraux, de la qualité du service rendu au patient.

Collectif* Pr Jean Gérard Gobert, président de la Fédération nationale des syndicats de praticiens biologistes hospitaliers et hospitalo-universitaires (FNSPBHU) ; Pr Jean-Luc Wautier, président d’honneur du Syndicat national des médecins biologistes de C

Source : Le Quotidien du Médecin: 9308