Septième année de baisses de tarifs

Les biologistes libéraux alertent le gouvernement sur le « point de rupture » du secteur

Publié le 25/04/2013
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LES BIOLOGISTES libéraux ne digèrent toujours pas la baisse de 33 tarifs décidée par l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie (UNCAM), et publiée au Journal officiel le 27 mars, en application des économies réclamées une nouvelle fois à cette spécialité par le gouvernement.

Symbole de la colère du secteur, une grève quasi-historique des structures de biologie médicale libérale avait été suivie à 70 % le 17 avril, selon François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes (SDB) et l’un des porte-parole de la plateforme d’exercice professionnel (PEP), qui regroupe syndicats, associations, et réseaux. Les taux de fermeture des cabinets variaient toutefois d’un territoire à un autre : 100 % en Alsace et en Corse, 85 % dans le Centre, 82 % en Bretagne et Pays de la Loire, 80 % à Lyon et dans le Nord-Pas-de-Calais, 70 % en Picardie et en Aquitaine, mais 30 % à Paris ou Marseille, et même 0 % en Basse-Normandie. Des écarts qui s’expliquent par la concurrence entre structures, explique François Blanchecotte.

8 000 emplois menacés à court terme.

Par cette action forte et symbolique, les représentants des biologistes espéraient enfin infléchir la position du ministère de la Santé, rencontré hier soir. En cas d’échec des discussions, trois syndicats (1) pourraient annoncer ce matin un durcissement des actions.

Le bras de fer dure depuis octobre, lorsque les biologistes avaient décidé l’arrêt de la télétransmission des feuilles de soins et la fermeture des cabinets l’après-midi pour dénoncer la 7e année de baisse consécutive des honoraires ! L’assurance-maladie veut obtenir 96 millions d’euros d’économies en année pleine. La PEP chiffre à 8 000 le nombre d’emplois menacés à court terme par ce nouveau coup de rabot tarifaire. Elle alerte désormais sur le point de rupture d’un secteur, qui pour la première fois, n’a pas bénéficié d’effet volume. Selon le SDB, le chiffre d’affaires de la biologie libérale aurait plongé cette année de 2 %.

L’espoir fragile d’un compromis avec la CNAM.

« Nous étions en discussion depuis l’automne avec la Caisse nationale d’assurance-maladie, souligne François Blanchecotte. Nous lui avons proposé un plan triannuel 2014-2015-2016 pour stabiliser notre secteur. Le directeur général Frédéric van Roekeghem semblait prendre conscience de l’urgence de la situation économique et nous étions presque arrivés à un compromis. Mais tout s’est stoppé en février ».

Cette colère autour des tarifs (et de l’économie du secteur) intervient en pleine réforme législative controversée de la biologie médicale. Une autre pomme de discorde pour certains professionnels libéraux et surtout pour les internes, qui ont fait grève des gardes et des astreintes début avril. Après son passage devant la commission mixte paritaire le 10 avril, la proposition de loi sera soumise au vote de l’Assemblée nationale le 14 mai, puis à celui du Sénat le 16 mai.

Le syndicat des biologistes, le syndicat des laboratoires de biologie clinique et le syndicat national des médecins biologistes.

 COLINE GARRÉ

Source : Le Quotidien du Médecin: 9237