Nouvelles décotes tarifaires

Les biologistes libéraux brandissent la menace de la grève

Publié le 11/10/2012
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Crédit photo : S TOUBON

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POUR la septième année consécutive, les biologistes médicaux sont visés (comme les radiologues) par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Dans sa version 2013, un effort d’économies de 155 millions d’euros est réclamé à la biologie et à l’imagerie médicale. Applicable par l’assurance-maladie au 1er février 2013, cette énième décote exaspère les syndicats de biologistes libéraux et réseaux de laboratoires. « Notre secteur d’activité ne représente que 2 % du budget de la Sécu mais emploie 45 000 personnes sur 4 000 sites, détaille François Blanchecotte, président du syndicat des biologistes (SDB) et pharmacien de profession. La restructuration demandée à la profession depuis deux ans nous a demandé un effort tel qu’aujourd’hui le chiffre d’affaires des laboratoires est dans le rouge ».

Une situation économique fragile que le PLFSS risque d’aggraver, dénoncent les biologistes. Quelque 8 000 postes, soit « près de 20 % des effectifs du secteur seraient menacés, voire condamnées à court terme si la situation ne se débloquait pas », prédit le Dr Didier Benchétrit, médecin et président du syndicat de biologie libérale européenne. « Ca équivaut à un plan social chez PSA », renchérit, amer, François Blanchecotte.

Grève et arrêt des télétransmissions

Las d’être considérés comme la variable d’ajustement des finances publiques et de subir « la destruction de la biologie de proximité », les biologistes passent cette fois à l’offensive.

Une campagne de communication pour « sensibiliser les 500 000 patients qui fréquentent quotidiennement [les] laboratoireset les 50 000 médecins qui recourent quotidiennement à [leur] expertise » est dans les cartons, précisent-ils.

Pour mieux se faire entendre des pouvoirs publics, une vingtaine d’organisations syndicales et de réseaux de biologie médicale libérale se sont fédérés en plateforme d’exercice professionnel (PEP). Leur moyen de pression : la menace de grève générale. Tous se disent prêts à donner pour consigne à leurs adhérents de fermer leur laboratoire pendant l’examen parlementaire du PLFSS. « Sans nous, je me demande comment Bercy et le patron de la CNAM, Frédéric van Roekeghem, vont parvenir à supporter la cadence des 300 000 à 500 000 prélèvements effectués chaque jour par nos soins, grince Richard Fabre, président du réseau Labster. Qui va le faire à notre place ? Certainement pas les infirmières libérales ! ».

À l’intention des caisses primaires, les biologistes annoncent aussi l’arrêt une semaine par mois (pendant six mois) des télétransmissions de feuilles de soins électroniques (FSE) si rien n’est fait pour améliorer leurs conditions d’exercice.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ

Source : Le Quotidien du Médecin: 9173