Peine de principe, mais pas acquittement pour Nicolas Bonnemaison

Publié le 24/10/2015

Crédit photo : Phanie

La Cour d'assises du Maine-et-Loire a rendu samedi son verdict concernant Nicolas Bonnemaison dans son procès en appel. Alors qu'il avait été acquitté en première instance, l'ex urgentiste est cette fois condamné à deux ans de prison avec sursis. Poursuivi pour sept "empoisonnements" de patients en fin de vie, il n'a été reconnu coupable que pour le décès d'une patiente, Francoise Iramuno, au terme d'une très longue délibération des jurés.

"La médecine, c'est ma vie, les patients sont ma vie et ils me manquent", avait lancé aux jurés l'ancien praticien de 54 ans, juste avant le délibéré. Cinq ans de prison avec sursis, une peine comparable à celle demandée lors du procès en première instance à Pau, avaient  été requis la veille, vendredi, par l'avocat général contre l'urgentiste de Bayonne. Ses avocats  avaient pour leur part appelé les jurés au "courage", en l'acquittant une seconde fois, comme à Pau en juin 2014.

"J'ai agi en médecin et je vous le dis avec beaucoup de sincérité", a insisté samedi Nicolas Bonnemaison, concluant une très courte intervention, vers 09H15, juste avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Tout de noir vêtu, très tendu en lisant une feuille de papier, l'ex-urgentiste bayonnais a eu une pensée pour une patiente, arrivée le 10 août 2011 dans son service de l'Unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD): "J'étais en train de l'examiner quand on est venu me chercher", pour le placer en garde à vue, s'est-il souvenu. "J'espère que ce ne sera pas la dernière patiente de toute ma vie", a-t-il dit d'une voix émue.

Nicolas Bonnemaison avait été radié par le Conseil de l'ordre quelques jours après son acquittement en juin 2014 à Pau. Pas plus à Pau qu'à Angers, l'accusation n'avait requis contre lui l'interdiction d'exercer la médecine. Mais le parquet général avait fait appel après l'acquittement de Pau, d'où ce deuxième procès en cour d'Assises, délocalisé cette fois.

Tout au long du procès, l'ancien praticien a martelé avoir cherché à "soulager, pas tuer", face à des patients en agonie, en souffrance de toute fin de vie, reconnaissant  toutefois des "torts".  "Il a peut-être commis des erreurs, mais il n’a tué personne. C'étaient des gens du bout du bout", a appuyé l'un des avocats de la défense, Benoît Ducos-Ader, "suppliant" la cour d'"acquitter" le Dr Bonnemaison, pour ne pas faire de ce procès "un fiasco judiciaire ".  Les jurés ne l'auront suivi que pour six des sept patients...   

Source : lequotidiendumedecin.fr