Trois médecins et une juriste pour le prix de l'institut Théramex

Publié le 08/01/2001
Article réservé aux abonnés
1276295594Img18871.jpg

1276295594Img18871.jpg

C RÉE en 1996, l'institut Théramex a pour vocation de promouvoir et de soutenir tout ce qui peut concourir à la fois à l'amélioration de la santé de la femme et aux interrogations éthiques que suscite l'expansion des biotechnologies la concernant. L'engagement de l'institut Théramex est plus particulièrement sensible dans le domaine médical et se concrétise notamment par un soutien actif à la formation médicale, à l'échange d'informations entre professionnels de la santé, à la réflexion prospective sur les problèmes d'aujourd'hui et, bien entendu, à la recherche. C'est dans cet esprit que l'institut Théramex décerne chaque année trois prix d'un montant de 30 000 F chacun, réservés aux membres du corps médical.

Ces prix récompensent des travaux concernant la santé de la femme dans différents domaines thérapeutiques : gynécologie, obstétrique, endocrinologie, dermatologie, rhumatologie... Un prix spécial peut également être attribué pour un travail plus général consacré à la femme ou à la bioéthique.
Pour l'année 2000, ont été attribués trois prix de l'institut Théramex décernés à des médecins et un prix à une juriste.

• Thèse de doctorat en droit
En effet, il a paru opportun au jury de décerner un prix à un travail juridique, ce qui fut le cas pour la thèse de doctorat en droit de C. Marliac-Négrier : « La protection des données nominatives informatiques en matière de recherche médicale ». Elle a étudié dans sa thèse la troisième loi dite « bioéthique » du 1/07/1994 relative au traitement des données nominatives ayant pour fin la recherche dans le domaine de la santé, ses relations avec les autres lois, leur objectif commun (la primauté de la personne), les conditions dans lesquelles cet objectif peut ou non être atteint, les risques auxquels il est confronté, et aboutit in fine à des propositions juridiques concrètes.

• Thrombophilie et retard de croissance intra-utérin
Antoine Gravier a vu récompenser sa thèse de docteur en médecine : « Thrombophilies constitutionnelles : nouveau facteur de risque de retard de croissance intra-utérin vasculaire ? » Beaucoup de retards de croissance intra-utérins, responsables d'hypotrophie du nouveau-né, restent inexpliqués et, dans son travail, l'auteur s'est donné pour but d'évaluer le rôle des anomalies de l'hémostase et de l'auto-immunité dans la genèse de cette pathologie. Même si de nombreuses questions restent encore sans réponse, cette thèse est une contribution à l'étude pathogénique du retard de croissance intra-utérin d'origine vasculaire.

• Maladie thromboembolique et contraception
Le deuxième travail médical récompensé a été la thèse de C. Lesbre : « Maladie thrombo-embolique, contraception orale et facteur V de Leiden ». Dans sa thèse, l'auteur a retrouvé des résultats identiques à ceux de la littérature. A partir de ces données, elle a établi la conduite à tenir lors d'une demande de contraception et rappelle l'importance de l'interrogatoire systématique à la recherche des antécédents personnels et familiaux de thrombose veineuse.

• Défaut de différenciation du trophoblaste
Enfin, le Dr Evain-Brion a vu récompenser son travail sur « Le défaut de différenciation du trophoblaste ». Ce travail repose sur la mise en culture des cellules trophoblastiques provenant de fragments de placenta recueillis lors de l'interruption de grossesse, en raison de l'existence d'une trisomie 21. Comparées à des cellules provenant de placentas normaux, les cellules trophoblastiques trisomiques ne fusionnent pas ou le font avec retard et leurs sécrétions hormonales sont diminuées. Cette découverte fondamentale rend compte des anomalies placentaires survenant au cours de la trisomie 21 ; elle permet également de mieux comprendre les variations des marqueurs sériques naturels utilisés pour le dépistage prénatal de cette affection.

Dr Brigitte VALLOIS

Source : lequotidiendumedecin.fr: 6830