Courrier des lecteurs

Un interniste libéral à part entière

Publié le 29/04/2023
Participation à la permanence des soins, 4e année d’internat… Est-il acceptable de demander toujours davantage d’efforts à la spécialité ?

Crédit photo : GARO/PHANIE

Il y a trente ans de cela, être médecin généraliste était le plus souvent un choix par défaut. Les réflexions peu encourageantes et très dévalorisantes des patrons des différents services hospitaliers participaient à cette perception négative.

À cette époque, dès lors que le généraliste avait une difficulté dans la prise en charge du patient (manque de connaissance sur un sujet, nécessité de placement d’un patient), il prenait le téléphone et, de cette manière, obtenait en un clin d’œil un rendez-vous ou une place dans un service dédié à la pathologie du malade.

La donne a changé et le praticien de premier recours est devenu, par manque de confrères spécialistes, un interniste libéral à part entière, ce qui lui donne plus de poids. Dans ce contexte, la médecine générale en tant que spécialité devrait obtenir la faveur des étudiants attirés, pour certains, par le challenge. Mais ce n’est pas le cas, et pour différentes raisons : mépris des pouvoirs publics vis-à-vis du rôle des généralistes (mise en accusation fréquente dans la non-participation à la permanence des soins, mise à l’index du fait d’une « insouciance » concernant la prise en charge des soins non urgents qui sont pris en compte secondairement aux urgences…), absence assumée de revalorisation des généralistes, obligation d’une 4e année d’internat pour des raisons plus politiques que de formation.

Alors que de nombreux pays européens mettent un point d’honneur à reconnaître l’importance de la médecine générale, et placent cette spécialité sur un piédestal, il semble urgent, pour assurer la préservation de la santé de nos concitoyens, qu’il en soit de même en France.

Dr Pierre Francès, Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales)


Source : lequotidiendumedecin.fr