Pour rebondir sur les articles concernant le sujet, je dirais que l’évolution de la prise en charge résulte de plusieurs facteurs. J’avais le même enseignement concernant l’urgence à opérer la suspicion d’appendicite. Des chirurgiens célèbres avaient écrit des volumes sur l’art d’examiner un abdomen aigu, sans oublier le fameux TR, obligatoire dans les questions d’examens.
La mort de personnalités célèbres avait grandement favorisé ce dictat, mais aussi – et les anciens pourront le confirmer – l’apparition de la fameuse nomenclature des actes (NGAP) favorable au début aux chirurgiens digestifs. Ce qui n’est plus le cas depuis très longtemps, d’autres spécialités ont obtenu cet avantage.
Mais depuis les années 1970, sont apparus de nouveaux moyens d’investigations, comme l’échographie mais aussi la cœlioscopie et le scanner qui ont permis de modifier la prise de décision pour opérer ou non et quand.
Apprendre des militaires
Il faut également reconnaître que les militaires ont contribué à ce changement d’attitude. En effet, depuis le développement des sous-marins atomiques, il est n’est plus question d’interrompre une mission pour un vague syndrome appendiculaire. Je rassure les lecteurs, il y a une petite salle d’opération avec un personnel prévu pour les cas très urgents. Mais pour les non urgents, les publications révèlent que tous ne sont pas opérés une fois la mission terminée, et que les non opérés ne rechutent pas forcément.
Quant à opérer en préventif, là encore les publications confirment que les suites sont souvent plus compliquées si on opère un appendice sain.
Par contre, la rançon de la modification de prise en charge est que les appendicites opérées aujourd’hui sont souvent plus complexes du fait de la chronicité des signes cliniques chez les personnes d’âge moyen ou âgées.
Vous souhaitez vous aussi commenter l'actualité de votre profession dans Le Quotidien du Médecin ?
Adressez vos contributions aurelie.dureuil@gpsante.fr
Régulation de l’installation : une fausse bonne idée
Aptitude physique
« Soigner sans blesser la planète », conforme au serment d’Hippocrate ?
Trop d’inégalités sociales en ce qui concerne les études médicales ?